
1) Quels sont les principaux soutiens et opposants au projet A24 en région Nord - Pas de Calais ? Que pensent nos voisins belges de cette autoroute ?
Les principaux soutiens à l'A24 sont les chambres de commerce de l'arrondissement de Béthune et de la métropole lilloise et les partis politiques de la majorité gouvernementale, qui soutiennent le projet tout en souhaitant des tracés plus ou moins à l'ouest de la métropole lilloise.
Les Conseils Généraux du Nord et du Pas de Calais excluent toute participation au financement de l'A24, ainsi que le conseil régional. D'autre part, la majorité verts - PS de cette collectivité est engagée dans la réalisation d'alternatives à l'A24.
Enfin, le collectif rassemble les opposants au projet, soit dix associations locales, la Fédération Nord Nature, la Confédération Paysanne, les groupes des Verts concernés dans le Nord et le Pas de Calais ainsi que des particuliers impliqués localement. Les partis écologistes flamands (Groen) et wallon (Ecolo) participent également au collectif.
S'agissant des Belges, si les écologistes sont engagés dans l'alternative à l'A24, la consultation des autorités à été tardive et incomplète, et elles n'ont pu encore se prononcer en connaissance de cause.
2) Quelles sont les politiques alternatives au tout-routier qui sont déjà mises en œuvre dans le Nord -Pas de Calais ?
Pour les trafics de marchandises à longue distance, plusieurs projets majeurs sont engagés : la plate-forme multimodale (ferroviaire, fluvial , routier) de Dourges est réalisée, dans le cadre du contrat de plan 2000- 2006, le réseau fluvial est aménagé pour faciliter le transport des conteneurs, la capacité du réseau ferroviaire est améliorée et la liaison Lille - Lens - Arras est mise à 2x2 voies. Enfin, La région souhaite accompagner financièrement la réalisation du canal Seine Nord.
Pour le collectif, la réponse à l'objectif du projet de soulager le trafic de l'agglomération lilloise ne peut être atteint en augmentant les capacités routières. En ce sens, le développement du TER sur l'étoile ferroviaire Lilloise est primordial , le projet le plus significatif à cet égard est le doublement de la liaison ferrée Don-Sainghin - Béthune pour relier Lille à l'agglomération béthunoise.
3) Quel regard sur le bilan de Gilles de Robien en tant que ministre des transports ?
Un gros plus et beaucoup de gros moins : tel peut être résumé le bilan de trois années de Gilles de Robien au Ministère des Transports. Le plus est la lutte contre la vitesse au volant, symbole de la violence et de la mortalité routière françaises. Si ces résultats sur les routes doivent être salués, on regrettera qu'une même orientation n'ait pas été donnée pour pacifier également les villes.
Pour les volets négatifs du bilan on retiendra que, comme tous ses prédécesseurs, ce Ministre est toujours prisonnier de son Ministère, qui n'est pas le Ministère des transports comme son nom l'indique, mais qui est le Ministère des routes. D'autre part, il est apparu également prisonnier de ses intérêts locaux comme ancien maire d'Amiens.
En effet, les orientations de rééquilibrage de la politique des transports en faveur des alternatives routières ne sont pas exécutées par les services de l'Etat comme le prévoyaient les contrats de plan et notamment celui du Nord - Pas de Calais. Les projets ferroviaires et fluviaux " sont des projets d'avenir et… ils le restent " En revanche les réalisations routières sont toujours aussi florissantes Ainsi l'agence de financement des infrastructures, qui devait être l'outil financier des nouvelles politiques, n'est toujours pas opérationnelle. Alors que le ferroutage ne décolle pas ni dans l'exploitation, ni dans les réalisations, le ministre s'est obstiné sur la poursuite du projet archaïque d'A24 et sur l'engagement des études de liaison TGV Paris - Amiens - Calais, projet qui doit bien être le dixième dans l'ordre de priorité des lignes à construire.
Propos recueillis en juin 2005