imprimer

logo de la ville d'Amiens Les élus Verts au Conseil Municipal d'Amiens logo des verts

Conseil municipal du 23 octobre 2003

vœu sur l'autoute A24

Madame Le Maire : (…) il y a un vœu, donc je vous propose de le retrouver sur votre machine. Il s'agit donc d'un vœu concernant la liaison autoroutière Amiens - Lille - Belgique. Donc je vous lis ce vœu :

le développement des infrastructures autoroutières (A16, premier tronçon d'A29), le doublement du viaduc Jules Verne, l'ouverture du second tronçon de l'A29 (premier semestre 2005) font de notre ville un des tous premiers pôles autoroutiers Européens. A l'heure où le débat public sur la Liaison Autoroutière Amiens Lille Belgique est engagé, le Conseil Municipal de la Ville d'Amiens réaffirme son adhésion à la réalisation de cette infrastructure qui confortera la place de notre ville. La Liaison Autoroutière Amiens Lille Belgique doit permettre de : Le Conseil Municipal de la Ville d'Amiens estime donc la Liaison Autoroutière Amiens Lille Belgique indispensable à son développement et son rayonnement. Le Conseil Municipal adressera officiellement ce vœu à Monsieur le Préfet CARRERE, Président de la Commission Particulière du Débat Public pour qu'il le diffuse à l'ensemble des partenaires institutionnels et consulaires en les invitant à se mobiliser afin que la Liaison Autoroutière Amiens Lille Belgique se réalise dans les meilleurs délais.
Je vous fais remarquer que ce vœu fait bien référence à l'ensemble des infrastructures routières, autoroutière, ferroviaires et également fluviales. Et donc il serait intéressant que nous puissions voter ce vœu à la plus large majorité possible. La parole est à Monsieur Leroy.

Monsieur Leroy : Vous savez que je m'exprime à titre strictement personnel. Nous avons pensé dans le groupe que chacun pourrait avoir des sensibilités différentes sur ce sujet et je vous dis tout de suite que je ne voterai pas ce vœu. Vous le savez sans doute je suis un militant actif de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers de Transports, qui d'une part n'admet les autoroutes que si elles présentent une utilité évidente et d'autre part milite pour le développement du réseau ferré. En l'occurrence et comme vous le signalez dans le premier paragraphe du vœu que vous présentez Amiens est déjà un des premiers pôles autoroutiers Européens et on ne peut plus parler de l'enclavement de la capitale picarde. Ce projet d'autoroute avait été justifié dans les années précédentes par l'insécurité routière de la RN 25 et ce pouvait être un argument essentiel. Or rien n'a vraiment été fait pour améliorer et sécuriser cette RN 25 dans la Somme. On nous présente maintenant cette liaison comme un axe Amiens - Belgique par Lille, c'est - semble t-il - pour mieux faire passer l'opération. C'est un axe qui aurait une valeur internationale on pourrait dire aussi qu'il s'agit d'une partie d'un axe Copenhague - Lisbonne. Après le débat qui a eu lieu à Mégacité, il s'avère que nos voisins belges n'ont pas encore été consultés officiellement. Des informations que je possède, il résulte que cet axe ne les intéresse pas spécialement et que la fameuse liaison arrivera en Belgique sur un cul de sac. Je voudrais ajouter les problèmes de la Métropole lilloise. Actuellement les trois élus qui appartiennent à votre majorité, Madame le Maire, et dont les circonscriptions se situent à l'ouest de Lille, cherchent par tous les moyens à écarter le tracé routier de plus en plus vers l'ouest, pour éviter un passage dans une zone urbaine dense. Nous pensons à la FNUT que le territoire français est actuellement suffisamment équipé en autoroute et que l'on ne peut suivre les désirs de tous les élus qui veulent attacher leur nom à des quantités de petits axes autoroutiers dont les conséquences sur l'aménagement du territoire, l'environnement et l'effet de serre seront considérables. Comment pouvons-vous atteindre les objectifs fixés à Kyoto si nous favorisons le développement du trafic routier ? En effet, on sait qu'une autoroute attire le trafic. L'équipement crée l'usage. Plus de routes crée plus de voitures qui créent plus de routes. Nous ne mettons pas en doute la congestion de l'autoroute A1, 24 000 camions par jour en 2002. Mais ce n'est pas une autre autoroute qui amènera des poids lourds encore un peu plus près d'Amiens, avec une autre autoroute que l'on réglera ce problème. Je pense donc que la priorité est d'abord de sécuriser la RN 25 en en faisant une deux fois deux voies gratuites vers le Pas de Calais. Cette réalisation sera bien sûr financée sur fonds publisc, mais n'oublions pas que ce sera le cas aussi des autoroutes puisque l'Europe n'admet plus le système de l'adossement. Cette réalisation ne suffira pas, il faut par ailleurs une volonté politique très forte pour améliorer les liaisons ferrées tant pour le fret que pour les voyageurs. Et il s'agit dans ce cas là de bien parler d'inter modalité et non pas finalement de faire uniquement de la plurimodalité. Vous parlez dans votre vœu de l'Etoile autoroutière d'Amiens et de l'axe ferroviaire Paris Amiens Boulogne, j'aurai aimé qu'on y parle aussi de l'étoile ferroviaire d'Amiens. Grâce aux associations d'usagers, aux collectivités locales et la Région en particulier, nous avons réussi à rétablir vers Paris, un service cadencé à l'heure, pas toujours performant du point de vue exactitude malheureusement. Il faut mener le même combat pour les liaisons vers le nord de la France et augmenter de façon sensible au-delà des 70 000 tonnes supplémentaires prévues dans le projet le trafic du fret ferroviaire. En conclusion, je dirai pour ma part non à une autoroute qui accentuera la désertification des zones rurales, qui ne crée pas d'emplois, elles se contentent de les déplacer, qui aura un impact sur l'environnement sous estimé très largement dans le projet. Et oui à une deux fois de voies qui en assurant la sécurité irriguera les régions traversées.

Madame le Maire : La parole est à Monsieur Lessard.

Monsieur Lessard : Merci Madame le Maire. Je voudrais rappeler en préambule qu'avant que le débat ne s'oriente vers une liaison autoroutière Amiens - Lille - Belgique, il été auparavant centré, comme l'a dit notre collègue, sur l'aménagement progressif de la RN25, indispensable en terme de sécurité routière entre Amiens puis Doullens puis entre Doullens et Arras. Ce sur quoi nous nous sommes toujours prononcés et battus, et ce sur quoi il y avait semble t-il consensus. Aujourd'hui, on nous parle d'autre chose, où l'engorgement de l'autoroute A1 serait la vraie raison du projet, où la Picardie risque encore de se retrouver dans un rôle de zone de transit, où le désenclavement du nord du Département dépendrait d'une autoroute et d'un échangeur en 2015. Je ne pense pas qu'il faille poser le problème en ces termes, mais le débat est forcément marqué sinon par une sorte de schizophrénie, en tout cas par un conflit d'intérêt antagoniste pour la société et pour tous citoyens ou tous élus. Parce que quand on présente l'arrivée d'une autoroute sur son territoire, tous élus sont tentés d'y voir comme un Eldorado d'activité économique et d'emplois pour son territoire, c'est une conception qui a montré ses limites mais nombreux sont ceux qui s'appuient encore dessus. Moi je pense que se sont plutôt les emplois qui se déplacent sur l'autoroute. Si en plus on ajoute qu'un certain nombre de points noirs pour la sécurité routière seront par la même occasion supprimés, l'issue alors ne faut aucun doute, l'affaire est dans le sac, tout le monde se retrouve pour l'autoroute. En fait cette affaire se complique quand on aborde la question de l'environnement et du développement durable, les effets des activités humaines sur les désordres climatiques, la santé et leurs conséquences en retour, canicule, ozone, inondation, on connaît ces problèmes. En France, près de 80% des marchandises circulent par la route et ce trafic est censé doubler dans 20 ans. Tel est l'effet de l'ouverture de l'Union européenne à l'est et l'effet aussi du développement économique tel qu'il est conçu aujourd'hui. Il est censé doubler alors qu'il vaudrait impérativement diviser par deux la consommation d'énergie fossile dans les trente prochaines années. Vous voyez bien le dilemme, et je cite souvent un exemple qui est bien connu, chaque soir un train de nuit relie directement Briançon à Paris, un habitant de Briançon va poster un envoi urgent par Chronopost, cet envoi va être transporté par camion à Marseille dans la nuit et va être transbordé sur un autre camion qui va remonter sur Paris, alors que s'il avait pris le train Briançon Paris il serait arrivé sans dégât pour l'environnement dans le même temps. Je pense que des exemples comme cela il y en a de nombreux et c'est valable aussi pour la presse. La SNCF aujourd'hui ne prend plus le courrier dans ces trains de voyageurs, elle ne transporte même plus les bagages accompagnés dans les trains, les bagages prennent les camions. Et ensuite, on s'étonne que le fret ferroviaire s'effondre, mais en fait on ne donne pas les moyens à la SNCF de répondre sur ce marché, on pourrait multiplier ces exemples. Or qu'est ce qui se passe quand le rail sature ou ne se développe pas ? Il ne se passe rien, on ne lui donne pas les moyens de se développer sauf par la Régionalisation qui sauve un peu les meubles, il faut bien le dire. Notamment sur le trafic Régional et TER. Par contre quand une autoroute est saturée on l'élargi ou on en crée une autre, toujours avec les même arguments. Donc, je pense que c'est une question de volonté politique pour modifier vraiment les parts modales de transports, où alors il faut arrêter de se contredire sur le développement durable. Donc, pour remettre en cause le tout routier une réflexion plus large sur les modes de production, aujourd'hui calé sur une rentabilité immédiate et apparente sans regard aucun sur les coûts sociaux et environnementaux dans le contexte organisé de raréfaction de la ressource financière, dont vous nous parlez régulièrement, la ressource financière publique, faire une autoroute c'est priver le rail, la voie d'eau de financement et encore aggraver l'écart entre eux au profit de la route. Donc, en conclusion - il est tard - je pense que moi je ne pourrai pas voter ce vœu en l'état, je pense qu'il faut d'abord répondre aux besoins de sécurité sur la RN 25 sans attendre 15 ans. L'Etat doit jouer son rôle aux cotés des collectivités locales et assurer effectivement une gratuité sur ce tronçon. Ensuite il faut donner la priorité au rail, alors c'est un aspect que vous développez dans le vœu, électrification effectivement de la section Amiens Boulogne, modernisation de la voie ferrée Amiens Doullens, et c'est là que l'on rejoint l'Etoile ferroviaire intéressante autour d'Amiens, qui pourrait voir se développer le tram train comme c'est en train d'être mis en place à Mulhouse, avec certainement un grand succès. Il faut également raccorder Amiens au réseau TGV Paris Nord, financé le Canal Seine Nord, c'est ça aussi l'inter modalité, réfléchir à d'autre mode de production que ceux qui s'appuient sur le flux tendus, parce qu'aujourd'hui les stocks sont dans des camions, réfléchir à un autre aménagement du territoire, à d'autre moyen de mobilité des hommes et des marchandises. Et c'est seulement ensuite qu'il faut se poser la question de savoir si l'ALB a encore une justification. Alors renversons les priorités pour véritablement soutenir le développement durable.

Madame le Maire : La parole est à Monsieur Porquier

Monsieur Porquier : Le Président de la République s'est exprimé à Johannesburg en nous rappelant que la maison brûle et que nous ne pouvions pas rester les bras croisés. Nous devons aussi en tirer les conséquences au niveau local. Tout à l'heure Monsieur Mézin s'est permis de recycler le slogan écologiste " penser globalement, agir localement ". C'est tout à fait ce qu'il faut faire aussi dans le cadre des infrastructures de transports et de pouvoir envisager d'autres solutions que celles qui nous sont présentés aujourd'hui comme des évidences, à savoir que l'autoroute serait une corne d'abondance, que l'autoroute permettrait de résoudre les problèmes de sécurité sur la RN 25, que l'autoroute viendrais compléter d'autres modes de transport : le canal, le train… Il s'agit de faux arguments. Ce n'est pas juste de dire que l'autoroute est une corne d'abondance. Nous avons bien vu que les entreprises à Amiens - malgré toutes les autoroutes qui ont été construites depuis maintenant une dizaine d'années : l'A16, l'A 29, l'A 28 tout près aussi- se sont, bien malheureusement, délocalisées et ont pu - dans le cas de Whirlpool notamment - remplacer leur activité de production par un site de logistique qui leur permet d'alimenter le nord de la France et la région parisienne par des productions de lave-linge qui ont été produits à d'autres endroits. Donc, le schéma selon lequel le développement économique découle mécaniquement des autoroutes n'est pas si évident que ça. Sur la sécurisation de la RN 25 c'est tout le contraire de ce que vous dites. Si on fait la liaison Amiens - Belgique est bien on ne fera rien sur la RN 25, et les gens qui emploient quotidiennement cette route entre Doullens et Amiens, entre Viller Bocage et Amiens et ailleurs, ils continuerons à voir une route nationale 25 qui sera dangereuse, sur laquelle il y aura des accidents et sur laquelle les investissements ne sont pas faits. D'ailleurs ces investissements auraient dût être faits depuis des années. Pourquoi le Conseil Général, pourquoi le Conseil Régional n'ont-ils jamais mis les moyens suffisants pour rénover et pour sécuriser cette route dans des conditions normales. Aujourd'hui, s'il y a tant d'accidents sur la RN 25 la faute à qui, justement ? Et c'est pas en construisant une autoroute à coté que ces problèmes là vont se solutionner, c'est faut de dire ça. Il faut justement avoir un effort d'investissement particulier pour l'axe dont on parle c'est à dire pour aller d'Amiens vers Arras et donc pour la Nationale 25 qui doit être sécurisé et aménagé. Enfin, sur le vœu, il est présenté de façon un peu caricaturale l'autoroute comme un complément du Canal Seine Nord qui pourrait aussi bien se trouver à Péronne ou à Saint-Quentin et sur l'axe ferroviaire Paris - Amiens - Boulogne, c'est complètement oublier le fait qu'il y a un axe ferroviaire qui part du Havre, qui passe par Amiens, qui part vers l'est. (Le Havre est un port de conteneurs). C'est oublier une ligne ferroviaire qui sert insuffisamment en direction de Amiens - Lille, c'est oublier la ligne vers Doullens qui est désaffectée, alors que justement il y a des réelles potentialités au niveau ferroviaire sur lesquelles Amiens pourrait s'appuyer en terme de développement local, c'est oublier aussi le fait que Amiens n'a pas eu le TGV et qu'en termes de développement, toutes les villes qui ont pu bénéficier du TGV ont réellement eu des retombés par la suite, contrairement aux autoroutes. Puisque des autoroutes il y en a partout, et donc ce n'est pas forcement un atout pour une ville d'être encerclée par des autoroutes, comme vous le prétendez. Donc ce vœu n'est pas bon du tout, il nous présente l'autoroute comme étant un atout supplémentaire, ce qui n'est pas si évident et en plus il vient abonder sur des problèmes d'environnement, sur l'effet de serre. Aujourd'hui 25% des émissions de gaz à effet de serre proviennent des transports, 25 % c'est énorme, et si nous ne prenons pas le problème à bras le corps, nous ne pourrons même pas stabiliser les émissions, comme c'était envisagé à Kyoto. Stabiliser, j'ai dis stabiliser alors qu'elles devraient décroître. Parce que ce n'est pas une lubie d'écolo l'effet de serre. C'est aujourd'hui et maintenant que l'on a eu des inondations ici dont ont à beaucoup souffert, la canicule, et d'autres phénomènes climatiques qu'on peut observer par ailleurs. Les problèmes climatiques c'est pas seulement à l'autre bout de la planète, c'est aussi chez nous. Et quand bien même, se serais seulement à l'autre bout de la planète, ça nous donnerait, quand même, une responsabilité. Donc, il faut en tenir compte, et ça veut dire qu'on ne peut pas financer parallèlement des autoroutes, voir une autoroute, un renforcement du rail et du ferroutage, du transport combiné, un canal Seine Nord, un aéroport, des rénovations de Nationales, et que sais-je encore ? Alors les mêmes qui nous disent v ouloir baisser les impôts et réduire les déficits, sont en train de nous dire qu'ils vont tout financer, parce qu'effectivement on va peut-être privatiser les autoroutes qui rapportent des sous à l'Etat, mais il va falloir que les contribuables payent et payent. C'est bien ça qui va devoir se passer, maintenant que l'adossement des autoroutes n'est plus autorisé au niveau européen, Amiens va devoir payer pour avoir cette autoroute, le Conseil Général de la Somme va devoir payer pour avoir cette autoroute, le Conseil Régional de Picardie va également financer les bretelles de raccordement … autant d'argent qui serai bien mieux investi dans d'autres domaines que celui là et peut-être en particulier pour financer la rénovation de la RN 25. Donc, vous l'aurez compris, nous ne pouvons pas soutenir ce vœu, car il prend toute sa place dans une logique autoroutière. J'aurai bien aimé le dire en présence du Ministre des Transports d'ailleurs. Nous sommes tout à fait défavorables à ce vœu.

Madame le Maire : La parole est à Monsieur Hénno

Monsieur Hénno : Madame le Maire, mes chers collègues, j'ai eu l'occasion aussi bien à Lille qu'à Amiens de suivre les travaux de la Commission ad hoc sur la LAAB et je suis amené à répondre à deux ou trois observations qui ont été faites et qui sont inexactes. D'abord, c'est une autoroute à péage, et donc je ne peux pas laisser dire n'importe quoi à ce sujet. Deuxièmement, en ce qui concerne la RN 25. Accuser le Conseil Général c'est facile, il a déjà participé à un certain nombre de travaux et il continuera à le faire, car on est bien conscient de la difficulté de cet itinéraire pour l'ensemble des usagers. Mais la difficulté aujourd'hui est surtout due à la circulation des poids lourds. Alors Monsieur Leroy a dit tout à l'heure qu'il avait l'habitude de ne voter les problèmes routiers que s'il avait la démonstration que l'autoroute avait une utilité évidente. Et bien écoutez, d'abord il s'agit d'un itinéraire qui permet d'être alternatif à l'A1. Qui aujourd'hui ose dire que l'A1 est un itinéraire sûr lorsqu'on prend la voiture pour aller à Lille, vu le nombre de poids lourds étrangers, notamment, qui empreints sur 2 files quelque fois et de front, cette autoroute. Il faut donc permettre à ces véhicules étrangers de pouvoir circuler aussi dans des conditions satisfaisantes, et la sécurité de s'améliorer. Donc, je considère que c'est bien une alternative à l'A1. D'autre part, un bon niveau de service pour réduire l'insécurité, jusqu'à maintenant on a pas trouvé mieux qu'une autoroute en la matière. Et ça a été prouvé par des gens beaucoup plus compétents que moi, et donc par conséquent ça répond bien au deuxième objectif. Premier objectif alternative à l'autoroute A1, deuxième objectif sécuriser cet itinéraire à un bon niveau de service, bon niveau de service parce qu'il est bien prévu dans la Somme, et c'est le vœu qui a été examiné en Commission des Finances pas plus tard que ce matin et qui sera voté demain au Conseil Général dans le débat d'orientation budgétaire avec trois ou quatre échangeurs entre Amiens et la limite du département du Pas de Calais, de façon à pouvoir irriguer les territoires qui joute cette voie, c'est ce qui est demandé par les élus locaux du secteur. Enfin, troisième intérêt, l'aménagement du territoire, c'est évident, un aménagement du territoire local pour permettre à cette autoroute de traverser le Pas de Calais, de nourrir les secteurs de Frévent, de Saint-Paul, de Béthune, qui sont aujourd'hui en désérance et qui n'ont pas accès à l'autoroute facilement. Et donc, ça me paraît intéressant sur le plan de l'aménagement du territoire local, mais y compris pour la Somme, puisque j'ai dis tout à l'heure avec les échangeurs en question. Et puis aussi, un intérêt national, l'oublions pas l'intérêt national, et le Ministre a aussi a régler les problèmes au niveau de la France et au niveau de la région Nord complètement, et pas simplement de la Région d'Amiens, c'est évident. Et sur le plan Local, je veux dire International, vous n'allez pas mettre en doute le fait qu'une autoroute partant de Lisbonne pour aller jusqu'à Amsterdam en passant par Rouen, le Havre et Amiens n'est pas intéressant, d'autant que le Port du Havre a besoin de trouver des débouchés pour concurrencer le Port de Rotterdam et le Port de Amsterdam il en a besoin, et donc il a besoin d'avoir un hinterland qui lui permet ensuite d'avoir ces débouchés. Donc, cette autoroute aura aussi un caractère d'aménagement du territoire International et National, ne serais-ce que pour la défense du Port du Havre. Enfin, vous me parlez de comment régler ce problème de 2 X 2 voies, mes chers collègues, moi je ne comprends pas comment de gens comme vous qui êtes très intéressés de qualité de vie des gens et de la pollution, vous acceptiez de proposer sur un itinéraire que vous ne connaissez pas bien entre Amiens et la Belgique, il s'agit bien d'un itinéraire à l'Ouest et je mets au défi de dire ce que vous avez dit par rapport aux Belges, les Belges étaient présents à Lille, ils sont intéressés, et deuxièmement, les élus du nord c'est vrai, les élus souhaitent que se soit le plus à l'Ouest possible, c'est à dire se brancher sur la RN 58 qui donne sur l'A19 qui donne entre Ypres et Courtrai, vous pouvez vérifier c'est le document qui est ici, vous l'avez peut-être reçu et c'est bien expliqué. Et donc, comment vous pouvez au lieu d'une autoroute dire que vos allez mettre tout à 2X2 voies, quand on sait qu'une 2X2 voies ne peut valablement se mettre en place que sur 20 à 25 % de l'itinéraire parce qu'à chaque fois il faut contourner les communes traversées par la route actuelle qui n'est qu'à une fois deux voies ? Comment vous allez régler ce problème de pénétration de 2X2 voies dans les communes, dans les aires géographiques d'agglomérations, d'Arras, de Béthune, que sais-je, du Bassin Minier. Vous êtes aller là bas voir ? Moi, j'y suis aller, c'est impossible, oui je suis de par-là, messieurs. C'est impossible, dont il faut un ouvrage neuf, c'est ce que propose le Ministre. C'est la seule solution pour régler ce problème d'aménagement du territoire, c'est la seule façon pour irriguer l'ensemble de colonisations urbaines vais-je dire, ces agglomérations, on ne peut pas rentrer dans le tissu urbain avec des 2X2 voies dans le bâti actuel, dans la structure actuelle des voiries, c'est dément, et vous le comprendriez très bien si on proposait de faire une 2X2 voies qui traverserais Amiens, alors voyons, donc on serai obliger de faire une déviation là où il n'y en a pas, ça va coûter des fortunes, c'est impossible. Donc, la solution qui est préconisée est la bonne, c'est la seule, si c'est celle proposée par le Ministre, c'est la bonne et c'est la seule. J'ai proposé d'en compléter éventuellement par une réflexion sur ce tracé d'autoroute par l'expérience que nous avons vécu avec l'A1 et le TGV, de dire peut-être pourrions-nous, je l'ai dit et le Ministre le sait, pourrions examiner en même temps que le tracé de cette autoroute neuve par l'ouest, donc, d'examiner la mise en place de réserve foncière pour demain, et oui comme on, l'a fait pour le TGV, pour que demain nous puissions pour le Port du Havre, notamment, et pour rejoindre la Basse Seine au Benelux et à la Male du nord, d'examiner la faisabilité, je n'ai pas la science infuse en la matière, de pouvoir doubler cette autoroute par un fret lourd de marchandises, ce serai la première fois où on marierait à la fois une autoroute avec un fret, autoroute pour les usagers, les véhicules légers, avec une voie ferrée lourde pour transporter les camions, ça serait la première fois qu'on le ferai, on l'a fais une fois mais pour les voyageurs, on peut peut-être essayer de le faire pour les marchandises. Voilà ce que je voulais dire, Madame le Maire, à ce sujet, étant entendu que bien entendu je souhaite que l'on vote ce vœu qui est extrêmement important pour la capitale régionale car elle sera placer au centre d'une branche autoroutière à 5 branches, d'un nœud autoroutier à 5 branches, se sera la seule capitale de France à l'avoir.

Madame le Maire : La parole est à Monsieur Gremetz

Monsieur Gremetz : Merci, Madame le Maire. Je dirai on prendrai pas de risque de voter ce vœu, car je dirai que c'est un vœu compte tenu du budget actuel, y a pas de risque qu'on soit bousculé d'ici 20 ans, en gros, peut-être s'il y a un beau taux de croissance. Mais ceci dit, moi j'ai toujours défendu, et c'est pas d'aujourd'hui mais personne ne s'en occupé à l'époque, je suis membre du Consortium avec les chambres de commerces, d'industries de la Somme, de Picardie, du nord Pas de Calais, pour la RN 25, la route la moins sécurisée, c'est le moins qu'on puisse dire, la plus meurtrière, et nous avons toujours défendu l'idée, j'ai conduis plusieurs délégations de gens et d'élus de toutes tendances au ministère pour dire et le Consortium s'était prononcé, pour précisément, pas une autoroute en tous les cas sur le tracé de la RN 25 pour relier y compris pour Doullens, mais pour relier y compris le Pas de Calais et le Nord, pour les liaisons. Or là il s'agit d'un couteau de projets qui est proposé et nous avions convenu y compris, j'ai la lettre ici je pourrais vous la donner, j'ai la lettre ici, donc, et nous avions convenu qu'on pouvez envisager une 2X2 voies, pas partout certes, mais il y avait possibilité d'envisager. Pourquoi toutes autoroutes ? Et nous avions l'assurance comme il y avait des difficultés en particulier avec le nord à l'époque, on avait imaginé pour ne pas perdre de temps de commencer le premier tronçon et c'est cette lettre là qui m'indique que les études sont lancées, le terrain était lancé, pour premier tronçon je dirai le tout, le mieux est l'ennemi du bien souvent, mais commençons là on sait où on veut aller et examinons les choses, et donc Amiens, je dirai Bapaume première étape et premier tronçon. Donc, ça toujours était la position, certain dans le Consortium était oui une 2X2 voies si c'est possible, oui une autoroute et une 2X2 voies gratuites évidemment, oui peut-être quand même une autoroute payante ou des parties d'autoroutes payantes. Voilà, c'était ça, je rappelle cela, pourquoi ? Pour dire que moi j'ai toujours défendu cette liaison là, mais pas celle qui est proposée, parce que là entre les deux on nous refile une autoroute complètement neuve, sur un nouveau tracé, avec toutes les conséquences de pollution… Et puis, il y a un autre élément, ce qui m'amène à dire que moi je ne voterai pas cet amendement, c'est que la question qui a été posé par nos collègues, d'ailleurs deux collègues, à savoir est ce que oui ou non on va à la fois développer comme c'est nécessaire ce genre d'autoroute, là on nous dit une voie obligatoirement autoroutière, moi je ne peux pas l'accepter, mais en même temps le problème du développement du ferroviaire, ça c'est clair parce qu'on ne peux pas dire d'un coté il faut combattre le tout autoroute, s'engager sur 50% de ferroviaire et puis c'était dans le programme de la majorité, et puis nous amener à abandonner le fret 1/3 du fret ferroviaire et d'autre part favoriser et revenir au tout autoroute. Donc, c'est pourquoi la position qui est la mienne, elle n'a pas varié mais ce n'est pas le projet qui est proposé ici c'est un projet tout différent, contrairement à ce que j'ai défendu.

Madame le Maire : La parole est à Monsieur Nemitz

Monsieur Nemitz : Oui, moi je souhaitais simplement intervenir sur le thème de la sécurité, et je suis profondément choqué d'entendre dire que de mettre une autoroute ne résout pas le problème d'insécurité que pose la RN25. Il se trouve qu'à titre professionnel, ça fait 30 ans que je suis confronté aux problèmes d'insécurité routière. Que pendant de très nombreuses années à chaque début de garde, nous savions que nous allions intervenir soit sur l'axe Amiens - Saint Quentin, soit sur l'axe Amiens - Poix, soit sur l'axe Amiens -Abbeville, que depuis que les autoroutes A29 pour Saint-Quentin et A16 pour aller vers Abbeville existe, nous n'intervenons quasiment plus sur ces axes là, (…) Le seul point que j'évoquerai par rapport au vœu lui-même c'est que je ne suis pas certain que le premier paragraphe soit utile, à la limite il peut donner l'impression qu'on est déjà tellement bien pourvu que ce n'est pas la peine de faire encore un effort pour Amiens. Donc, voilà, c'est la seule remarque que je fais sur la rédaction. Mais pour ce qui concerne tout l'argumentaire qui suis je suis absolument pour, et encore une fois moi je vous exhorte à regarder les chiffres de l'insécurité routière autour d'Amiens au cours des 30 dernières années, je vous assure que ça ne fait pas l'ombre d'un doute, c'est extraordinairement parlant, c'est le développement des autoroutes de désertes qui ont permis de soulager les routes Nationales et Départementales qui fait que ces axes sont devenus sûrs aujourd'hui alors qu'ils ne l'étaient absolument pas avant hier.

Madame le Maire : Un mot Monsieur Porquier, mais vraiment un mot.

Monsieur Porquier : Non, parce que tout à l'heure on était accusés d'être dans le catastrophisme mais là on est en plein dedans aussi. Il faut être un peu sérieux. Sur la sécurité routière si les routes nationales en questions RN 29, RN 1 avaient été équipées correctement à l'époque…

Assemblée : Oh ! Avec des ponts.

Monsieur Porquier : Madame le Maire, qu'est ce que vous faites là pour rappeler un peu à l'ordre vos collègues du Conseil Municipal ?

Madame le Maire : Monsieur Porquier, je vais vous redonner la parole dans une seconde mais vous pouvez comprendre quand même que les collègues à 1H30 du matin quand vous prenez la parole pour la seconde fois sur un vœu qui est présenté par la majorité, vous pouvez comprendre quand même qu'ils manifestent un petit peu d'impatience.

Monsieur Porquier : Non, je ne le comprends pas, moi je les écoute et je n'interviens pas comme ça quand…

Madame le Maire : Non, attendez, écoutez, moi je…Parce que nous sommes dans un système démocratique nous vous redonnons la parole mais quelques minutes je vous l'ai dit, normalement il est logique et de règle que les intervenants ne prennent la parole qu'une seule fois sur un sujet, et par exception je vous redonne la parole quelques instants.

Monsieur Porquier : Non, parce que je ne peux pas accepter le fait de dire que les routes nationales aménagées sont nécessairement dangereuses, nécessairement mal équipées, qu'elles sont impossibles comme le disait Hubert Henno. Ce n'est pas des choses qui sont sérieuses. Enfin c'est bientôt Halloween et Hubert Henno a déjà son costume d'Harry Potter…

Madame le Maire : Oh !

Monsieur Porquier : …pour faire des tours de magie, il est pas vrai. Il n'est pas vrai qu'il y aura 4 échangeurs entre Amiens et Doullens, on peut tout inventer pour essayer de faire passer la pilule.

Madame le Maire : Attendez Monsieur Porquier, s'il vous plaît, ....

Monsieur Porquier : Et c'est pas vrai de dire que se sera payé… - si vous permettez que je termine, parce que vraiment c'est assez insupportable de parler dans ces conditions là - …par les péages puisque- comme à chaque fois qu'il y a des constructions d'autoroutes toutes les bretelles de raccordement, tout le schéma d'accompagnement des autoroutes -puisque c'est comme cela que ça s'appelle - est payé comptant par les collectivités locales qui les accueillent. Et de la même façon, ici, comme on vous l'a dit, comme l'adossement n'est plus possible au niveau Européen pour que les autoroutes financent d'autres autoroutes les collectivités locales devront payer en plus l'autoroute elle-même. Et donc ce n'est pas vrai de dire que le péage va financer intégralement l'autoroute, c'est le contribuable qui va la payer.

Madame le Maire : Mais Monsieur Porquier s'est inexact. Alors moi je vais répondre vraiment. Deux mots pour conclure. Ce que je voudrais dire tout d'abord, ce que je voudrais dire c'est que quand on a des statistiques d'accidents de la route, on ne peut pas se permettre, on ne peut pas se permettre de les contester. Je veux dire les statistiques sont là, toutes les études réalisées démontrent à l'évidence la véracité des propos tenus par Bernard Némitz, non pas en tant qu'élus d'Amiens, non pas en tant qu'élus Métropolitain, mais en tant que directeur du SAMU et il connaît parfaitement, comme il le rappelait, il connaît parfaitement la situation dans notre région et je pense qu'on peut lui faire confiance quand il vient nous tenir les propos qu'il nous indiquait tout à l'heure. D'autre part entre payer, payer peut-être des échangeurs et payer immanquablement un doublement de la RN 25 avec les remarques très pertinentes qu'a fait Hubert Hénno tout à l'heure sur les contournements des communes, attendez il n'y a pas photo. Enfin, moi je m'étonne Monsieur Gremetz que dans le débat en présence du Préfet Carrere il y a quelques semaines vous ne vous soyez pas montré sous le jour que vous avez indiqué tout à l'heure, autrement dits il y a quelque semaine moi j'avais cru comprendre que vous étiez pour le projet d'autoroute et puis aujourd'hui virement, revirement et vous êtes maintenant contre. Bon, c'est votre droit mais je suis quand même étonnée. Donc, simplement nous, pour ce qui nous concerne, nous pensons que ce projet est un beau projet non seulement pour Amiens mais aussi pour toute la Région de Picardie et bien au-delà, puisque effectivement il y a des liens à trouver et à recréer avec Rouen, Le Havre d'un coté, avec Reims de l'autre et toute l'Europe du Nord, et je pense que ce projet de liaison autoroutière qui est appelé Amiens - Lille - Belgique pour bien montré que c'était pas l'A24, que ce n'était pas le prolongement de la A16, mais que c'était un nouveau dossier, je pense que ce projet est un beau projet et c'est la raison pour laquelle maintenant je voudrais mettre aux voix ce vœu.
Qui est pour ce vœu ?
Qui est contre ce vœu : 6
Donc, le vœu est adopté.

:

imprimer

Retour à la page d'accueil