Les élus Verts au Conseil Municipal d'Amiens
Communiqué des Verts de la Somme Amiens, le 10 novembre 2005
Le contexte de violences inadmissibles qui s'est développé depuis plusieurs jours dans de nombreuses villes françaises et notamment à Amiens a attiré l'attention - de la plus mauvaise manière qui soit - sur les problèmes économiques et sociaux, les discriminations, les problèmes de qualité de vie qui subsistent et s'aggravent pour une grande partie de la population.
Quelles sont les premières victimes de ces violences ? Souvent des personnes aux revenus modestes ou très modestes qui ont droit comme chacun-e de vivre tranquillement. Les agressions contre des personnes et des biens privés (voitures...) ou publics (écoles, batiments municipaux.. qui bénéficient à tous) n'expriment rien sauf la destruction et contribuent à dégrader le lien social ou renforçant un climat de peur.
La réaction du gouvernement et des autorités locales aurait du être pragmatique, de proximité, misant sur la fermeté avec les dérives violentes mais aussi le rétablissement du lien social, la perspective sur le court/moyen terme de la prise en compte des besoins économiques, sociaux, culturels, éducatifs,... qui sont plus forts et plus criants dans une société qui se délite du fait d'une aggravation de la pauvreté pour une part croissante de la population
Au lieu de cela, nous avons assisté à la multiplication des provocations verbales les plus cyniques (le "karsher", les "racailles"...) et à une entreprise de restriction des libertés - symbolisée par un couvre-feu inapproprié que le préfet de la Somme s'est empressé de promulguer pour faire le bon élève d'un gouvernement qui n'avait vraisemblablement rien d'autre à proposer. Quel décalage avec la réalité !
Quel décalage pour Amiens : une ville qui a certes connu des dégradations mais en nombre plus faible que dans bien d'autres villes. La mise en place du premier couvre-feu sur le territoire a d'un seul coup mis les projecteurs sur la ville comme le modèle de la stratégie de communication gouvernementale, attirant l'attention de la presse nationale et internationale. Alors que depuis des années, la majorité de droite de Gilles de Robien refuse de prendre en considération les problèmes économiques et sociaux qui traversent cette ville au prétexte qu'il faut en donner une "image positive" - relayée par le journal municipal JDA où tout va toujours très bien sous un ciel toujours bleu-, voilà l'image de la ville sacrifiée en une nuit de couvre-feu pour devenir le cobaye de la communication du Premier ministre. On est bien loin de la prise en considération des besoins réels des gens et d'une réponse concrète aux problèmes qui se posent. La ville et ses quartiers sont très éxagérement stigmatisés. C'est consternant.
Après le travail de sape mené par le gouvernement, l¹urgence est au rétablissement du calme et de l¹écoute dans les quartiers populaires pour toute la population qui y vit. Répondre aux inégalités de richesse, aux discriminations à l¹embauche, renforcer un tissu associatif citoyen, développer les services publics de proximité sont des réponses de moyen terme qui doivent être soutenues avec vigueur. Elles le seront d'autant mieux que la démocratie française permettra de représenter réellement sa diversité sociale.
Christophe Porquier
porte-parole des verts Somme
conseiller municipal d'Amiens