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Conseil municipal du 27 janvier 2005

Débat sur la carte scolaire

Mme DESCAMPS - Comme chaque année, nous nous opposons aux fermetures de classes dans notre ville. Mais pourquoi M. l'Inspecteur d'Académie doit-il fermer des classes ? C'est parce qu'il doit rendre des postes au Ministère et, jusqu'alors, même si nous nous opposions toujours aux fermetures au vu des résultats dans la Somme, le Ministre reprenait des postes lorsque les effectifs baissaient. Or, cette année, la Somme va compter 253 élèves de plus dans le 1er degré et on reprend 15 postes. Cela ne s'était jamais vu. Il faudrait, Mme le Maire, contacter votre ami le Ministre de l'Education Nationale pour vous opposer à ses choix budgétaires qui ne visent pas à améliorer les résultats des écoliers de notre ville mais uniquement à réduire le nombre des fonctionnaires, donc des enseignants. Les conditions de travail des élèves et des enseignants sont déjà difficiles. Elles vont encore se dégrader et, dans certains secteurs, cela se traduira encore par une baisse de la scolarisation dès 2 ans. Il est intolérable de reprendre des postes à la Somme alors que les difficultés économiques et sociales ont de graves conséquences sur la réussite scolaire, vous le savez. Il est nécessaire de créer des postes dans l'enseignement spécialisé notamment. M. PORQUIER l'a évoqué tout à l'heure en demandant la création de classes d'intégration. En ce qui concerne Amiens, nous pouvons nous réjouir de l'abandon des suppressions de classes à la maternelle Les Saules et au Faubourg de Hem. Par contre, il faut exiger le maintien du même nombre de classes à Marivaux ; j'espère que vous y parviendrez. Je suis aussi préoccupée par la situation des écoles Schweitzer dont les enseignants m'ont contactée. Les effectifs de ces écoles, situées en ZEP, ne justifient pas une fermeture de classe à la rentrée et la fusion des deux écoles A et B n'est pas acceptée des parents et des enseignants qui nous demandent de défendre leur cause. Il estiment en effet que la gestion au quotidien d'une école de 13 classes va être très difficile.

M. PORQUIER - Ces mesures liées à la carte scolaire se répètent chaque année et, dans une région, une ville où il y a des besoins importants en matière d'éducation, il est regrettable de voir des fermetures sans doute précipitées et mal ajustées de classes alors que des besoins sociaux importants existent, ce que vous soulignez très bien dans la délibération. C'était le cas notamment de la maternelle Les Saules dans la délibération précédente. C'est en quelque sorte une discrimination positive qui est sollicitée en direction de l'Education nationale, c'est à dire que, là où il y a des besoins plus urgents -et c'est le cas de la Picardie-, plus pressants en termes sociaux et de retards scolaires chiffrés et constatés chaque année, un effort supplémentaire est à faire. Je voudrais également intervenir sur les classes d'intégration scolaire (CLIS) que j'ai abordées tout à l'heure. En effet, non seulement des classes sont supprimées mais, concernant les handicapés, le plan handiscole n'est pas suffisamment mis en place. Ce phénomène est constaté par des rapports parlementaires mais également de nombreuses associations. Beaucoup de besoins restent à satisfaire dans ce domaine. Au niveau du département de la Somme, je crois qu'une seule CLIS est créée encore cette année malgré les nombreuses suppressions de classes qui ont lieu par ailleurs. C'est pourquoi je pense que, pour que les besoins existants sur Amiens et sur la Métropole puissent être satisfaits, il est nécessaire de manifester notre attachement collectif à l'intégration scolaire en milieu ordinaire. Je vous propose d'ajouter à cette délibération l'article suivant : "article 2 : Dans l'objectif de favoriser l'intégration scolaire des enfants handicapés en milieu ordinaire, un vœu est formulé en direction de l'Inspection Académique pour que l'ouverture de nouvelles CLIS puisse répondre aux besoins existant sur la Ville d'Amiens et la Métropole. ".

M. BOURGOIS - Je crois que la position qu'il nous est proposé d'adopter est vraiment la bonne. Il y a un aspect pénible dans le fait que nous recommençons chaque année à combattre pour maintenir les classes. En même temps, je crois qu'il faut maintenir la même persévérance. Je suis particulièrement sensible à ce qui se prépare dans mon secteur. Bien sûr Marivaux va être un point de bataille encore plus acharné que les autres mais tous seront pris en compte dans notre lutte. Donc, premièrement on combat. Ensuite, deuxièmement on approfondit parce qu'on ne peut pas rester simplement sur un constat qu'on va vite oublier à propos de ces classes. Ces calculs révèlent une modification démographique dans la ville. Il faut approfondir l'étude des causes de ces évolutions. On y trouvera des éléments positifs et peut-être d'autres qu'il faudra surveiller davantage. Troisième aspect : on maintient l'effort, comme l'a dit tout à l'heure Chantal LANGLACE, sur la jeunesse, l'enfance, l'éducation, on maintient l'effort également dans chacun des secteurs pour davantage chaque jour investir sur notre jeunesse, dans nos écoles sur du mobilier, des aménagements, des moyens d'accueil, du matériel pédagogique, etc… En résumé, on combat, on approfondit et on maintient.

Mme LANGLACE - Je rejoins ce que vient de dire Jean-Yves BOURGOIS. C'est vrai qu'il s'agit d'un cheval de bataille. Nous avons, Mme le Maire et moi, émis un avis très défavorable sur ces fermetures de classes car des effectifs supérieurs à 20 dans notre région, ce n'est pas tolérable. Il faut effectivement continuer à défendre nos enfants. Nous espérons que l'Inspecteur d'Académie reviendra sur sa décision concernant Marivaux.

Mme le Maire - Je tiens à compléter ce qui vient d'être dit, car je voudrais être complètement transparente par rapport aux informations que nous a fournies M. l'Inspecteur d'Académie. Mme DECAMPS, vous parliez tout à l'heure de l'école Schweitzer. D'après les informations qui nous ont été données, même après fermeture on aboutirait à une moyenne de 20,17 enfants par classe. Nous avons eu également des informations sur les moyens supplémentaires que l'Académie a décidé de mettre ou de maintenir dans un certain nombre de secteurs, ce qui s'inscrit dans la ligne des orientations reçues du Ministre de tutelle ? Ces postes sont notamment affectés à des actions en matière de lutte contre l'illétrisme. Il nous a donc été indiqué que 16 maîtres surnuméraires pour des actions de prévention de l'illétrisme et de maîtrise du langage sont affectés dans les écoles de notre ville. Deux postes de coordinateurs sont mis à dispositions des zones d'éducation prioritaires ainsi que des postes d'auxiliaires de vie scolaire et d'assistants d'éducation, notamment pour les enfants qui ont des problèmes de santé. Il y a bien sûr les chiffres mais il y a aussi la réalité et je mense pouvoir dire que M. l'Inspecteur d'Académie, au nom de son Ministre de tutelle, fait le maximum pour tenir compte des situations spécifiques des quartiers classés en ZEP et rééquilibrer les moyens en faveur de ces quartiers en priorité, ce qui est bien normal. Il n'en reste pas moins que nous ne pouvons que regretter les mesures de fermeture qui sont envisagées. C'est pourquoi nous vous proposons de voter contre. Je propose que nous nous prononcions d'abord sur l'amendement présenté par M. PORQUIER et je suggère que nous le fassions favorablement.

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