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Débat sur le logement

Madame le Maire :Je vais commencer en vous disant que nous savons tous qu'Amiens se développe démographiquement. J'en veux pour preuve les résultats du dernier recensement qui démontre que 2500 habitants supplémentaires ont choisi notre ville. Nous constatons également qu'il y a également une croissance économique dans notre ville. On peut citer comme exemple récent Métarom que nous avons eu l'occasion de visiter il y a quelques jours à peine. D'autres entreprises encore viennent s'installer sur notre territoire. Et donc, nous constatons que notre ville est de plus en plus attractive et évidemment nous en sommes ravis. Mais à cet égard c'est toute la chaîne du logement qui a besoin d'être développée. Et quand je dis toute la chaîne du logement, c'est depuis le logement d'accueil des sédentaires qui vivent en caravane, jusqu'au logement en accession à la propriété, en passant par toutes les étapes intermédiaires. Et c'est sur toute cette chaîne du logement que nous avons une action à mener, que nous menons déjà, bien entendu. J'en veux pour preuve les délibérations que nous passons au Conseil municipal. Mais je voudrais aussi préciser qu'indépendamment de ce que la ville fait pour le logement, le Conseil d'Agglomération d'Amiens Métropole a également une compétence forte en ce domaine. Notamment, pour tout ce qui concerne le logement social. Donc, c'est l'occasion au travers de ce point sur le logement de parler, et des actions menées par la ville, et des actions menées par Amiens Métropole, chacun pour ce qui le concerne. L'objectif étant évidemment le même, faire en sorte que tous les Amiénois et tous les habitants d'Amiens Métropole soient logés correctement en fonction de leurs besoins et en fonction de leur composition familiale, en fonction des conditions de confort que chacune et chacun méritent d'avoir évidemment. Ce soir d'ailleurs, nous allons avoir quelques délibérations qui portent sur tel ou tel aspect de cette chaîne du logement. J'en citerai un exemple. Nous allons voter, si vous en êtes d'accord, nous voterons tout à l'heure, une aide à l'insertion de logement en direction du foyer Aftam. Et ainsi, nous pourrons faire en sorte, que des personnes qui ont besoins d'un soutien particulier, d'un accueil et d'un encadrement, et bien, puisse être logées dans des conditions satisfaisantes. Et puissent ainsi, au moment des hasards de la vie qui sont parfois un peu délicats, retrouver l'épaule qui convient. Et puis ensuite, pouvoir repartir sur de meilleures bases et accéder ensuite au logement aidé classique et pourquoi pas accéder à la propriété. Donc, c'est toute la gamme de logement qui nous importe d'aider et de développer. Je voudrais vous rappeler que sur le budget 2004, Amiens Métropole a mis 1 million et demi d'Euros, je traduis pas en Francs ou en centimes, mais 1 million et demi d'Euros ce n'est pas rien. Quant à la ville d'Amiens, pour ça part, elle a mis à son budget 750 000 Euros, donc la moitié pour aider également ces questions de logements. Donc, notre rôle porte sur plusieurs aspects. Quand je dis notre rôle, c'est celui de la ville et ou de la Métropole. Notre rôle porte donc, sur plusieurs aspects. Il y a bien sûr, l'aide à l'équilibre des opérations de logement, mais il y a aussi, l'aide à la réhabilitation de logement. Je voudrais vous rappeler que l'OPAC, qui est le grand bâilleur social de notre ville, réhabilite régulièrement des logements. Par exemple les tours Maryse Bastié, pour prendre un exemple très très récent. Et donc, les réhabilitations sont l'un des aspects de cette action que nous menons avec les bâilleurs sociaux en matière de logement. Mais, il n'y a pas que les bâilleurs sociaux. Il y a aussi, les opérateurs privés. Et à cet égard, je veux rappelle que, grâce aux OPAH et aux OPATB (donc les OPAH pour l'amélioration de l'habitat et les OPATB pour les améliorations en matière thermiques, notamment) nous aidons également la rénovation et la réhabilitation du logement ancien. Enfin, sur le foncier. Notre rôle en tant que coopérateur sur le foncier consiste à permettre également à des promoteurs et de permettre aux bâilleurs sociaux de pouvoir lancer des programmes dans de bonnes conditions. Je voudrais vous en donner quelques exemples récents. Là encore, par exemple sur Paul Claudel, sur la Zac Paul Claudel est bien c'est l'OPAC qui va construire des logements aidés. Mais, c'est aussi la SIP, sur le même secteur qui va en construire. Sur les 4 chaînes, l'OPAC réalise actuellement la réhabilitation de 19 logements existants. Donc vous voyez que notre objectif c'est partout, sur l'ensemble du territoire de notre ville et sur l'ensemble du territoire de notre agglomération, faire en sorte que toutes les Amiénoises et tous les Amiénois puissent trouver à se loger de manière satisfaisante. Soit dans du logement ancien réhabilité, soit dans du logement neuf, en fonction des ressources de chacun. Je voudrais enfin dire, avant de passer la parole aux autres orateurs, je voudrais enfin dire que, quand on dit logement aidé, nous pensons que c'est un logement qui doit être, avant tout, un logement de qualité. C'est à ça que nous nous attelons. Et nous faisons en sorte que ces logements soit véritablement de très haute qualité. Hubert Henno dirait à haute qualité environnementale. Mais nous approuvons tout à fait évidemment cette démarche. Nous souhaitons que tous les promoteurs, tant publics que privés, la mettent en œuvre. Mais c'est véritablement sur toute cette chaîne du logement social et du logement privé que nous voulons mettre l'accent. Alors, je voudrais vous donner, peut-être quelques exemples. J'ai souvenir, qu'il y a quelques années, quand on avait lancé le GPV sur les quartiers Nord, on avait fait voir aux habitants un certain nombre d'images, de photographies, de programmes réalisés par l'OPAC ou la SIP sur notre ville. Et on peut constater que, sans aucun doute, quand on regarde ces logements on ne peut en aucun cas savoir si on est en présence de logements sociaux ou de logements classiques non aidés. C'est donc vous dire à quel point nous voulons absolument que la qualité soit la clé de la réussite du logement sur Amiens. Et je voudrais rajouter aussi que, tout au long de la vie, on passe les uns les autres par différentes étapes. Et souvent, quand on est jeune, on a besoin de logements aidés. Et puis ensuite, un peu plus tard, si on peut accéder à la propriété privée il faut pouvoir aussi passer ce cap. Et puis peut-être, on peut avoir aussi des aléas de la vie, qui font qu'à un autre moment de son développement, on a de nouveau besoin d'un accompagnement, voir peut-être d'un logement en insertion. Donc, il faut absolument, que nous puissions répondre à toutes ces demandes. Sachant, que je disais tout à l'heure, que le logement aidé n'est pas du logement bas de gamme. Et, je voulais aussi vous indiquer, que les plafonds de revenus des personnes qui accèdent aux logements aidés ont étaient relevés de telle façon que, par exemple, une personne seule peut accéder à un logement aidé si elle a moins de 1615 Euros par mois de revenus. C'est vous dire que bon nombre de nos concitoyens, bien sûr, peuvent avoir besoin d'un type de logement de ce genre. Sil s'agit d'un couple avec un enfant, le plafond de revenus mensuel net est porté à 2594 Euros. Donc, c'est dire que, bon nombre de nos concitoyens ont besoins, bien sûr, de pouvoir accéder à ces logements aidés, à un moment donné de leur vie. Et, de pouvoir, ensuite, accéder, si c'est possible ou s'il le souhaite, à de l'accession à la propriété. Mais c'est vraiment toute la chaîne du logement qui doit pouvoir répondre aux besoins de nos concitoyens. Depuis l'insertion jusqu'à l'accession à la propriété, en passant par toutes les étapes intermédiaires. Ceci étant dit, donc, je vais passer la parole à Bernard Nemitz qui plus précisément va nous parler du logement dans le cadre du GPV.

(…Interventions de Bernard Nemitz et de Jean-Yves Bourgois …)

Monsieur Lessard :

Merci, Madame le Maire d'avoir prévu ce débat. C'est vrai que nous l'avions souhaité ensemble depuis un moment. Je pense que nous n'irons pas jusqu'au bout ce soir. Parce que le sujet est trop vaste. Et, je pense, qu'il mériterait un Conseil Municipal spécial, précédé de groupes préparatoires pour approfondir d'avantage la question et avoir de vrais échanges. Je ne suis pas surpris par votre présentation quelque peu idyllique et détachée du contexte national de la situation sur Amiens. Je pense qu'Amiens n'est pas, et parfois, vous êtes amenée à le reconnaître malgré tout, dans une bulle. Et je pense que la méthode a forcément des limites. Parce que moi, je ne me satisfais pas de la situation du logement, telle qu'elle se déroule depuis plus de 20 ans. Et je ne fais pas le tri politiquement, vous l'avez bien compris, je trouve qu'en matière de logement, depuis plus de 20 ans, on vit d'effet d'annonces. Mais, que la crise dure et qu'on n'en sort pas. Parce que chaque ministre en charge de ce secteur essentiel reçoit les associations, reçoit l'Abbé Pierre, annonce un plan Marchal, un plan d'urgence, une programmation mirifique, la dernière en date c'est 1 milliard d'Euros par an pendant 6 ans, mais rien ne bouge. C'est peut-être un peu excessif mais pas suffisant en tout cas. Et particulièrement, pour le logement social. Puisque l'Etat, dont c'est la responsabilité première, est dans une logique de réduction systématique des dépenses publiques et ne cherche que les économies tout en se déchargeant bien sûr sur les collectivités. Alors, cela fait que, le logement n'échappe pas aujourd'hui à la logique ultra libérale de marchandisation générale de tout ce qui peut faire profit. Et cette orientation, je trouve qu'elle s'est nettement aggravée depuis 2 ans. Puisque l'effort de la collectivité nationale au niveau du budget de l'Etat est passé sous la barre des 2% du produit intérieur brut. Alors, en parallèle, les investisseurs privés on le voit bien sur Amiens, sont choyés par la défiscalisation que vous avez mis en place, que votre gouvernement a mis en place. Puisque l'Etat accorde, aujourd'hui, autant d'argent. 18000 à 20000 Euros pour chaque logement locatif construit dans le parc privé, sans contrepartie sociale, puisqu'on ne demande pas, effectivement, de limiter le montant des loyers dans le parc privé. Pas plus, que l'on ne s'occupe des ressources des locataires. Donc autant, finalement, d'aides pour le logement privé que pour le logement social. Et en 2003, il y a eu 1 milliard d'Euros de consacré aux investisseurs privés. Contre 666 000 000 d'Euros pour le logement social. Et ces 666 000 000 d'Euros en 2004 seront encore amputés de 8%. Les aides à la personne, parce qu'il faut en parler aussi, les locataires se sont des gens qui ont des budgets à gérer, sont elles aussi amputées et réformées au détriment des familles. Alors on a pris récemment des mesures d'interdiction des expulsions pour les locataires de bonne foi, c'est le ministre Borloo. Mais moi, je trouve que c'est justice. Mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt. Parce qu'en fait, le ministre a réfléchi. Et le coût des expulsions est bien supérieur à l'aide que l'on va accorder pour les interdire. Maintenant, et je pense qu'on a privilégié le secteur privé puisque on interdit les expulsions dans le logement social, mais que les propriétaires privés pourront continuer à expulser, puisque la circulaire Borloo ne les concerne pas. Donc ce rappel du cadre général de la politique du logement était nécessaire avant d'aborder la situation sur Amiens. Je ne veux pas faire de bataille de chiffres. Mais pour se faire une idée des besoins, le suivi de la demande de logement est intéressant puisqu'il traduit bien ce que nous ressentons quand nous rencontrons les gens. Au 31 décembre 2003, il y avait 4288 dossiers inscrits au fichier de la demande de l'OPAC. C'est à dire plus 16,25% sur l'année précédente. Parmis ces dossiers il y avait 3170 demandes nouvelles qui avaient été enregistrées en 2003. A cela s'ajoute 1613 dossiers de demandes d'échanges. C'est donc bien près de 6000 demandes en tout qui sont à satisfaire. Avec certes des degrés d'urgence divers. Mais, quand on parle aujourd'hui de 3000 logements nécessaires très vite sur Amiens, je pense que l'on est pas loin de la vérité. Vous voyez, il ne s'agit pas seulement de se jeter des chiffres à la figure mais de partir du réel. Surtout il faut rajouter que quasiment 100 % de ces demandes émanent de personnes de famille qui ont des ressources inférieures à 60% du plafond. Et que 45% des attributions sont faites à des personnes de moins de 30 ans. Se sont donc les jeunes que l'on pénalise en premier, dans leur parcours résidentiel. En offrant pas suffisamment de possibilité. Et, on les pénalise à un moment crucial de leur vie. Au moment où ils démarrent dans la vie et ce n'est pas un signe de bonne santé d'une société que de procéder comme cela. Ce sont également les familles aux ressources faibles ou précaires qu'on fragilise encore plus. Je pense que c'est d'autant plus révoltant, en tout cas, moi ça me révolte, quand on observe ce qui se passe depuis quelques années sur le marché de l'immobilier amiénois. Il n'y a pas qu'à Amiens, d'ailleurs, mais à Amiens cela flambe et les Gazettes nationales et locales nous servent régulièrement des études bien illustrées, fourmillantes de pourcentages de hausse, de bonnes affaires à faire quartier par quartier. Les spécialistes parlent même de hausse irrationnelle ou inexplicable. Certes, le marché est souvent irrationnel. Et c'est pour ça qu'il faut d'ailleurs le contrôler, mais tout de même. Moi une des raisons, je viens de les décrire, c'est quand même l'insuffisance de l'offre de logements sociaux et les produits fiscaux spéculatifs pour la construction privée, plus un peu aussi de pénurie foncière. Mais une pénurie qui n'est à mon avis qu'apparente. Il faudrait creuser cette question de la pénurie foncière. Tous ces facteurs font que tout pousse à la hausse des loyers, des terrains et des coûts d'acquisition et y compris pour le logement social, qui lui aussi pâti de la hausse des prix. Puisque de toute façon les loyers sont liés à l'indice du coût de la construction (ICC). Et d'ailleurs, il faudrait sans doute songer à découpler les loyers de cet indice. Et par cette remarque, je m'adresse bien évidemment au ministre qui se trouve dans cette salle. C'est de cette façon qu'on arrive à une situation de blocage. En rompant la fluidité des parcours résidentiels. Aujourd'hui, les jeunes couples, parfois au salaire bloqué ou au salaire peu élevé, qui souhaitent libérer un logement social ont bien du mal à financer une petite amiénoise, dont les prix se sont envolés. On vient de le voir, plus 20% en 2003, d'où les listes d'attente et l'insatisfaction qui perdure. Alors, je pense qu'il n'y a pas de solution ailleurs que dans une politique volontariste, qui serait concrétisée budgétairement au plan national. Parce que je pense, que c'est la responsabilité nationale, et également locale. On a vu qu'on tenté de le faire à petite dose à mon sens. En tout cas, je ne pense pas que se soit les ventes de logements sociaux à leurs occupants qui régleront le problème. Parce que cette mesure, de toute façon, ne suscite guère l'enthousiasme des offices. Pas non plus des locataires qui n'ont pas forcément la capacité financière d'acheter et d'entretenir. Je pense que ça ne créerait pas d'avantages d'offres mais qu'au contraire ça entraînerait des problèmes d'entretien du parc et des problèmes de copropriétés dégradées. Maintenant, je pense que nous pouvons aussi créer des leviers sur le foncier en aidant directement à l'acquisition par les organismes HLM, en mettant des terrains à disposition. Je pose aussi une question dans ce débat. Est ce que nous sommes bien dotés, aujourd'hui, d'un bon instrument de maîtrise du foncier ? Nous avons effectivement la SEM qui a cette capacité dans ces compétences mais la loi SRU prévoit d'autres possibilités avec les établissements publics fonciers locaux. Je pense que nous devrions creuser cette question pour nous faire une opinion. C'est évidement un enjeu, le logement c'est un enjeu pour la ville que l'on souhaite. Une ville diverse socialement où chacun se sent à l'aise. Une ville qui ne s'étale plus et qui coordonne son évolution, je l'ai déjà dit et je l'évoque ici à nouveau. Les plans globaux de réflexions et d'actions même ceux prévus par la loi sont votre talon d'Achille. Un PLU au point mort pendant près de deux ans, bon qui semble vouloir redémarrer, un PDU qui manque de dynamisme et surtout de mise en œuvre de réalisation, pas de réflexion sur le SCOT, bon on en reste au SDOT mais les choses évoluent. Pas non plus, et vous n'en n'avez pas parlé, de programme local de l'habitat. Et je pense que se serait le moment d'en dire un mot. Où en sommes nous sur le programme de l'habitat ? Qui revient un peu comme un serpent de mer mais je n'ai pas encore pu en lire le projet. Alors bon, après avoir brossé ce tableau un peu général, je voudrais terminer sur une série de question. Le GPV suscite des inquiétudes dans les quartiers, principalement à Etouvie mais aussi à Victorine Autier. C'est l'année de la deuxième tranche de financement 2004-2006, moi je souhaiterais savoir ce que valent les effets d'annonces. Par exemple sur la Zac Victorine Autier pour 350 logements, quand on connaît la réalité du budget du logement. Quels types de logements ? Pour quels habitants seront proposés ? Vous avez dit tout à l'heure justement Monsieur Bourgois, que les gens ne voulaient pas quitter leur quartier, ils y sont attachés, c'est vrai aussi sur le secteur Est d'Amiens. Je pense que à chaque fois que la destruction précède la construction c'est un piège. Parce que les habitants s'en vont, sont relogés et ils auront des difficultés à revenir dans leur quartier. Surtout s'ils ne retrouvent pas une offre de logement sociale équivalente et que le privé prend la place, même si je considère normal qu'il trouve sa place, relativement, mais il n'empêche que quand on a vu les paramètres sociaux que j'évoquais tout à l'heure, l'offre de logements social doit rester à un niveau élevé. Alors, le logement, c'est l'offre effectivement de logements nouveaux, de logements neufs mais c'est aussi, vous l'avez évoqué, la réhabilitation. Sachant qu'Amiens a beaucoup construit entre les années 70 et 90 et doit donc consacrer beaucoup de moyens à la rénovation. Donc, là je pense qu'il faut prendre des dispositions particulières pour accompagner et de même force que la construction de logements nouveaux pour améliorer le cadre de vie dans les logements anciens. Alors, il y a aussi la question qui a été soulevée au moment des accidents sur les ascenseurs. C'est une question qui est liée à la précédente c'est à dire à la réhabilitation et à la rénovation des logements avec des problèmes de sécurité très lourds. Il a était question de financement très important au plan national. Pour l'instant, on n'en entend moins parler. Et je souhaiterai savoir, quelles sont les dispositions qui sont prises pour financer ce qui a était indiqué en matière d'exigence de sécurité. Il y a également le problème de la partition des maisons amiénoise. Et à ce sujet, je vous avez posé une question écrite le 19 mars sur un recensement sur ce phénomène et je n'ai toujours pas eu de réponse, alors que le délai prévoit que les réponses doivent parvenir sous 1 mois. La question du droit de préemption pour le logement social, également, c'était une délibération qui avait été mise à l'ordre du jour des commissions, qui a été retirés, il serait bien que nous ayons des éléments de réflexion sur ce point parce qu'il me semble qu'il y avait là effectivement une idée à creuser pour améliorer l'offre. Enfin avant de, pas de conclure mais…

Madame le Maire :…Peut-être pourriez vous quand même arriver à la conclusion, s'il vous plaît.

Monsieur Lessard : Il est aussi question de changer le statut des organismes HLM. J'aimerais savoir si on a des éléments précis là dessus. Parce que pour tous les administrateurs d'offices c'est une interrogation. Pour conclure, je dirais que le logement, c'est la préoccupation majeure de nos concitoyens, avec l'emploi et la santé. Et que être bien dans son logement, c'est un facteur d'équilibre individuel et social. Je dirai aussi que, c'est de l'argent bien dépensé. Et de l'emploi que l'on ne délocalise pas facilement. Le logement, c'est un droit, qui devrait se traduire davantage dans nos décisions et surtout dans nos budgets. Mais on y reviendra lors du débat d'orientation budgétaire et tout à l'heure dans le débat sur le vote du compte administratif.

Madame le Maire :Merci, Monsieur Lessard. Avant de passer la parole à Monsieur Porquier qui l'avait demandé, je voudrais simplement dire en un mot que, quand je vous entends Monsieur Lessard, dire que vendre un logement à des locataires s'est créer des copropriétés dégradées, là franchement, on voit bien quelle est la différence entre vous et nous sur la démarche du logement. Nous nous tablons évidemment sur la bonne volonté des locataires. Nous tablons sur leurs qualités personnelles. Nous savons que ce sont des personnes qui peut-être à un moment donné de leur vie peuvent être ici où là en difficulté de paiement ou autre, mais pour autant qui respectent leur environnement. Nous leur faisons confiance et nous sommes convaincus que ceux d'entre eux qui peuvent devenir propriétaire ou qui souhaitent devenir propriétaire, évidemment deviendront propriétaire, évidemment entretiendront leur appartement, évidemment entretiendront les parties communes. On le voit déjà sur le quartier Nord avec le début de réalisation du GPV. Mais nous nous tablons sur les bons côtés des êtres humains, voilà, là je crois que c'est très clair la différence entre vous et nous. La parole est à Monsieur Porquier.

Monsieur Porquier :Merci d'avoir organisé ce débat aujourd'hui. C'est effectivement intéressant d'avoir un débat sur le logement. A écouter les différentes interventions, j'ai été assez surpris. On pourrait en tirer quasiment un bilan selon lequel "tout va bien". " Tout va bien " dans cette ville au niveau du logement : il y a des logements qui sont détruits mais il y a des compensations, il y a de l'offre de logement et de la demande de logement, et effectivement on permet à des individus de retrouver des logements et " tout va bien " selon la loi de l'offre et la demande. On construit toutes sortes de logements, depuis les logements sédentarisées pour les gens du voyage jusqu'à l'accession à la propriété et "tout va bien". Je ne crois pas que ce soit vraiment le cas. C'est une bonne communication, ça je peux l'accorder. C'est une bonne communication mais je ne crois pas que ce soit vraiment l'analyse que l'on puisse porter sur la situation réellement existante par rapport au logement à Amiens et par rapport à ce qu'est cette ville et sa population. Amiens est une ville qui est historiquement une ville ouvrière avec aussi une bonne partie de sa population qui est en situation de précarité ou avec de faibles revenus et malgré tous les efforts de communication que vous pouvez déployer pour essayer de transformer l'image de cette ville, ce qui n'est pas entièrement négatif, cela a quand même des conséquences qui peuvent-être assez fâcheuses. C'est notamment de rejeter des préoccupations réelles de nos concitoyens dans l'ombre et de ne pas les traiter comme des priorités. Et quand vous dites que vous voulez traiter tous les aspects du logement, vous ne dites pas quelle est la priorité que vous voulez mettre en avant dans votre politique en matière de logement. A mon sens c'est le logement social qui devrait être une véritable priorité car je ne fais pas du tout la même analyse que celle que vous pouvez faire plutôt discrètement ici, ou de façon plus éloquente dans les revues que mentionnaient l'intervenant précédent, selon laquelle il n'y a pas assez de logements sur Amiens, donc il suffirait de renforcer l'offre de logement - comprendre : l'offre de logement privé - et le marché se portera mieux, et c'est comme ça que le prix du logement baissera. Nous avons effectivement une augmentation forte du logement sur Amiens, à deux chiffres, qui est dissuasive pour beaucoup de personnes qui voudraient accéder à la propriété et qui ont des revenus relativement modestes. Mais il y a aussi une bonne partie de la population qui n'a pas suffisamment de revenus pour accéder à la propriété, des personnes qui ne sont pas solvables et qui ont quand même le droit de se loger, et le diagnostic qui est fait par beaucoup d'associations d'insertion, par aussi les services de l'Etat, qui font l'état d'une véritable crise du logement. Je n'ai pas entendu qu'ici on en ait tiré les conséquences en ayant la volonté de prendre ces problèmes à bras le corps pour pouvoir répondre aux véritables urgences sociales qu'il y a à traiter sur cette ville. Le résultat c'est que nous avons surtout une politique qui conduit à favoriser de la construction privée. D'ailleurs c'est vrai que beaucoup de magazines ont mentionnés le fait qu'il y avait des affaires à faire à Amiens et que c'était le moment d'en profiter. Le marché s'emballe. Le marché de l'immobilier devient fou et c'est comme ça qu'on fait des affaires et qu'on fait de la valeur ajoutée sur cette ville. C'est dommage de laisser aller ce mouvement et de ne pas chercher à l'encadrer par des mesures réglementaires, j'y reviendrai peut-être un peu plus tard mais aussi surtout par une politique volontariste de logement social. Là en même temps, je ne vous jette pas totalement la pierre si les financements ne reviennent pas à la municipalité mais à l'incurie des ministres du logement qui se sont succédés depuis plusieurs années et qui n'ont pas donné de moyens. Je crois que la situation tend à se dégrader ces dernières années de ce point de vue, le logement social et les organismes HLM qui s'étaient réunis au niveau national étaient extrêmement virulents vis à vis du ministre du logement. Le logement social est aussi en crise au niveau national et c'est aussi le cas à Amiens puisqu'il n'y a pas suffisamment de financements. Je disais qu'il y avait des mesures réglementaires à prendre. Effectivement, quand toutes les maisons amiénoises sont progressivement découpées en petits logements étudiants pour satisfaire une offre de logements étudiants qui là encore n'existe pas suffisamment sur la ville, malgré l'augmentation énorme du nombre d'étudiants dont on peut se féliciter. Aujourd'hui nous sommes à environ 25 000 étudiants et ce sont des personnes qu'il faut loger. L'absence de logements publics étudiants sur la ville fait que c'est le privé qui se charge d'accueillir ces étudiants. Soit par des constructions immobilières dans le quartier Saint Leu notamment, soit par des maisons amiénoises qui sont découpées et pour lesquelles il n'y a aucun frein qui est mis. Aujourd'hui le fait de couper les maisons en quatre, ce n'est pas par la faible taxe sur le stationnement dans le cadre des permis de construire qui sont accordés qu'il y a une quelconque contrainte, et donc les quartiers sont de plus en plus encombrés de voitures notamment parce que les maisons amiénoises ont plus d'occupants. Autant de maisons qui avant étaient accessibles à un coût relativement abordable et qui aujourd'hui ne le sont plus. Des personnes aussi qui doivent parce qu'il n'y a plus de logements accessibles aller chercher un logement à l'extérieur de la ville. Ce qui suscite aussi des nouveaux déplacements de l'extérieur de la ville vers le centre qui ne sont pas aujourd'hui pris à bras le corps. Alors je ne vais pas reprendre ici des éléments qui ont été pris par l'intervenant précédent et que je partage tout à fait, sur le fait, que le PDU reste pour l'instant une intention sans réalisation. Ce sont des choses qui ont déjà étaient dites à plusieurs reprises ici. Sur le fait que le SCOT n'est pas encore entamé, que le PLU est resté longtemps en panne, et même si là le Plan d'Aménagement et de Développement Durable est lancé, la consultation a lieu pendant Juillet Août ce qui n'est pas vraiment démocratique. Il me semble que justement cela traduit le fait que l'ensemble de ces dispositions réglementaires ne sont pas vraiment assumées comme des moyens de renforcer l'action sur l'habitat, sur le foncier. C'est là qu'il devrait y avoir une action prioritaire de la ville. Ceci révèle un manque de volonté politique tout à fait évident en la matière. Je terminerais sur le HQE qui a été mentionné comme quelque chose qui se faisait dans les quartiers. Alors maintenant tout est HQE : les autoroutes sont HQE, les aéroports sont HQE, les centres d'incinération sont HQE. Il suffit de le dire et ça le devient, tout est développement durable, tout est écologique. Si c'était vrai, ce serait bien. Ce n'est pas toujours le cas. Je crois que la vraie priorité en termes d'environnement et en même temps de réhabilitation elle se situe au niveau de l'énergie et des économies d'énergie dans l'habitat social. Aujourd'hui beaucoup de personnes sont lourdement endettées alors qu'elles ont peu de revenus et dans la majorité des cas ceci est la conséquence de la consommation d'énergie qui vient du chauffage électrique. Chauffage électrique qui est encouragé parce qu'il ne coûte pas cher à installer pour ceux qui vont construire les bâtiments mais qui va coûter extrêmement cher pour les personnes qui vont devoir consommer du courant et se chauffer comme les autres. C'est à l'origine de très nombreux cas de surendettement. Donc il y aurait un effort conséquent à faire en matière d'économie d'énergie dans l'habitat social et ne pas non plus se payer de mots sur ce qui pourrait être HQE, quand une approche globale qui ne tient pas compte du volet transport n'est même pas observée.

Madame le Maire : Merci Monsieur Porquier, la parole est à Monsieur Leroy.

Monsieur Leroy :Oui, Madame le Maire, chers collègues, vous n'aurez pas à nous limiter le temps de parole parce que je vais être très court. D'abord parce que ce débat c'est vrai que nous l'avons demandé. Finalement Madame le Maire, vous nous l'avez annoncé hier en Conférence des Présidents. Et nous ne voulons pas entrer dans un jeu de balayage d'un problème aussi important en quelques minutes avant un Conseil Municipal. Nous vous demandons solennellement qu'une réunion longue, large, avec des groupes de travail spécialisés, puisse se tenir sur ce problème. Qui est en effet, comme l'on dit mes collègues, non seulement un enjeu important au niveau de l'agglomération, mais, le logement étant un droit que personne ne discute. C'est donc trop important pour se faire des événements. J'aurais pu prendre les chiffres des bilans d'activités de l'OPAC, qui sont d'ailleurs très bien faits, et assommer avec toutes sortes de chiffres, sur ce qui est fait, ce qui manque, et ce qui devrait se faire. J'aurais pu prendre des documents comme il m'en est parvenu un aujourd'hui sur les problèmes de l'insertion par le logement à des difficultés d'associations ou des organismes départementaux. Nous n'entrerons donc pas dans ce jeu. Ce que nous voulons c'est définir dans un véritable débat. Quelles sont vos orientations précises sur le logement ? Qu'il soit social, privé, qu'il soit locatif ou accession. Quels sont les outils que vous voulez utiliser ? Des outils existants, des outils dont vous, apparemment d'ailleurs, vous ne savez pas trop comment vous servir. Puisque nous avions eu il y a deux séances, une délibération qui est passée en commission concernant un droit de préemption sur les maisons amiénoises, de façon à avoir une action sur l'habitat de façon diffuse. Cette délibération a été retirée parce qu'elle n'était évidemment pas prête d'un point de vue technique. Donc encore une fois, là, c'est un outil, mais nous attendons de voir ce que vous mettez derrière. Et je pense que seulement là, je vous le dis, à ce moment là nous participerons à fond à ce débat et nous vous ferons des propositions précises.

Madame le Maire :Merci Monsieur Leroy. Je regrette simplement, que vous préfériez qu'on créait une commission. Parce que je ne vais pas paraphraser ce que d'autre on dit beaucoup mieux que moi, mais il me semble que quand on veut enterrer un dossier parfois aussi on créer une commission, donc…

Monsieur Leroy :… Non, ne commencez pas à déformer. J'ai dit un véritable débat. Ce débat il est important, nous en avons eu rarement ici. Mais c'est extrêmement important, pour informer tous nos collègues, sur tous les aspects du problème. Ce n'est pas une commission, on ne cherche pas à enterrer le problème, au contraire.

Madame le Maire :Mais vous avez dit un véritable débat, précédé de réunions de commission d'études. J'ai bien entendu, j'ai bien entendu, donc c'est bien ce que je disais. Mais ceci étant dis donc chacun répond comme il l'entend à cette question du logement. Et nous, nous essayons dans tous les domaines depuis l'insertion jusqu'à l'accession à la propriété de répondre à tous les besoins des habitants de cette ville. Parce que nous sommes bien conscients que il n'y a pas que le logement social qui importe. Il n'y a pas évidemment que l'accession à la propriété, il n'y a pas que le logement d'insertion. Mais il faut avoir un effet levier sur tous les aspects. C'est exactement la même démarche que celle nous menons sur les quartiers en difficultés. Parce que pendant longtemps on a pu dire c'est du social qu'il faut faire, c'est du culturel qu'il faut faire… Et en fait on se rend compte que c'est toutes en même temps, qu'il faut faire dans un quartier en difficulté, de l'urbanisme, du social, de l'économie, de la culture et de l'éducatif. Et bien de la même façon en matière de logement, si on veut répondre aux besoins de nos concitoyens c'est en jouant sur tous leviers, tous ensemble, et s'il manque un maillon de la chaîne, et bien, c'est l'ensemble de la chaîne elle même qui tombe et c'est vraiment essentiel à nos yeux. Monsieur Cordier avait demandé la parole.

Madame le Maire :La parole est à Monsieur de Robien.

Monsieur de Robien :Monsieur Lessard a raison, quand il dit qu'il ne faut pas détacher cela du contexte national. Monsieur Leroy a raison, quand il dit que le débat ne peut pas se terminer ce soir. Et qu'il y a très certainement à poursuivre nos réflexions pour trouver des réponses les plus concrètes possibles. Je veux vous faire part de mon expérience de façon à ne pas détacher cela du contexte national. Moi, je vous assure qu'en arrivant au ministère du logement en 2002, j'ai trouvé une crise du logement épouvantable, exceptionnelle. Et chacun peut comprendre aisément qu'une crise du logement ne se déclenche pas à l'arrivée d'un gouvernement. Mais évidemment c'est le résultat de plusieurs années, je ne dirai pas de combien d'années, je ne vais pas dire de 5 années du gouvernement précédent, mais c'est l'accumulation d'un certain nombre d'années où manifestement le logement a été délaissé dans notre pays. Et à ce niveau là pour ne pas détacher ça du contexte national, je dirais que Madame Liennemann, pour ne pas la citer, a tenté, les derniers mois du gouvernement précédent de Monsieur Jospin, de redresser la barre d'un navire qui prenait l'eau de toute part. Elle a eu du mérite, parce qu'elle s'est battue contre des lourdeurs administratives, des lourdeurs de Bercy, pour ne pas en citer. Et elle a réussi un peu à redresser les choses. Et moi, je tiens en ce moment, à lui rendre hommage. Elle n'a pas eu le temps, elle n'a pas été suivie, elle a essayé. Alors en 2002, quelle était la situation ? En terme de construction de logements sociaux en France, ont frisé à peine la barre des 50000 logements sociaux. Je dis bien les critères de logements sociaux restent toujours les mêmes, ce sont les logements aidés, y compris les PLS. On était à 48000, 49000. Une année, je crois que c'est en 2001 on est arrivé à 51000. Alors c'est vrai qu'en 2002, c'est pas pour défendre mon action parce que c'est une action qui est globale et collective, on a nettement déjà monté les crédits, et on a obtenu en 2002, si ma mémoire est bonne, quelque chose comme 53500 logements sociaux. Et en 2003, on a atteint 56000 ou 56500 logements sociaux réalisés. Alors ne nous battons pas en terme de crédits qui sont budgétés ou pas budgétés… L'essentiel se sont les crédits qui sont mis en place pour pouvoir réellement réaliser des logements. Il est vrai qu'en 2003 et 2004 on a bénéficié d'une mesure, moi que je qualifierais de courageuse, mais peut-être cette qualification est partisane, courageuse parce qu'elle est difficile à prendre, c'est la baisse du taux du livret A. Vous savez que pour construire des logements sociaux en France, il faut s'appuyer, en termes de financement, sur le livret A, c'est à dire sur la rémunération des épargnants. Plus la rémunération est haute et plus le logement social coûte cher et moins on en construit. Et nous, nous avons ajusté le taux du livret A sur l'inflation ,qui avait été contenue bien avant nous, mais le taux du livret A n'avait tenu compte de cette inflation contenue. Et nous avons ajusté le taux du livret A, de façon à ce que la rémunération du livret A soit supérieure à l'inflation. C'est à dire que les épargnants y retrouve leur compte. Mais j'allais dire ne retrouve pas leur compte au détriment de celles et de ceux qui cherchent à avoir des logements sociaux dans notre pays. Et c'est pour cela que le logement social est reparti. Il est reparti, et pas seulement le logement social. Je rappelle que en 2001 et 2002, le nombre de logements globaux, sociaux, ou pas sociaux, mais tout logement pour moi est social, et répond à un besoin social, qu'il soit aidé ou pas aidé, et bien nous étions à une vitesse de croisière beaucoup trop molle. L'INSEE qui dépend, vous le savez, du ministère des finances, disait qu'il fallait construire en France 320000 logements. Hors, la France construisait, bonhomme allant, 290 à 300000 logements. Donc, il manquait de toute façon, depuis des années, au moins 20000 logements qu'ils soient aidés ou pas aidés. Et là encore, nous avons pris des mesures pour que à la fois la baisse du livret A, à la fois, la relance du logement social soit accompagnée aussi d'une relance du logement. J'aillais dire, non aidé, parce que nous pensons que lorsque des logements non aidés sont offerts en plus grands nombre sur le marché, ce sont des gens aussi qui pourraient quitter le logement dis social. Parce que leurs revenus ont évolués et peuvent aller vers le logement, on va dire, privé. Et cette politique là a eu ces résultats. Là encore se sont des chiffres qui sont là et non pas des discours ou des impressions parce que nous avons tous nos permanences avec nos demandeurs de logements, bien entendu. Et là, très rapidement, le nombre de logements en France s'est ré accéléré puisque en 2003 nous avons atteint presque les 320000, et que en 2004 nous allons avoir probablement une production de logements réalisés nettement supérieur à 320000.. Donc, vous voyez une accélération qui dans un système qui est très lourd, qui est très administratif, il faut beaucoup de chose pour faire des logements. Il faut du foncier, il faut des permis de construire, il faut de l'argent, il faut des entreprises, il faut des appels d'offres. Et puis ensuite, le permis est réalisé, ensuite derrière est réceptionné. En moins de 3 ans, le système, et je le dis, avec un coup de pouce au départ de madame Liennemann, le logement a redémarré. Aujourd'hui lorsque l'on interroge la fédération du bâtiment, par exemple, elle dit que la construction de bureaux est plutôt un petit peu en crise. La construction de bâtiments à usage industriel ne marche pas fort. Et ce qui pousse aujourd'hui la fédération du bâtiment et les entreprises du bâtiment c'est le logement. Hors le logement, aujourd'hui permet, ou à permis en 2003 de créer 18000 emplois de plus. Et le logement en 2004, va créer entre 15000 et 20000 emplois de plus. Avec un grand souci, et nous retrouverons ce souci à Amiens, j'y viendrais. C'est que malheureusement il y a une capacité d'absorber et des emplois nouveaux et des emplois de remplacement d'une pyramide des âges qui vieillit, de 100000 emplois par an dans le bâtiment. Et nous avons un énorme effort à faire en France et aussi à faire à Amiens, pour que les formations des métiers du bâtiment soit en adéquation avec l'offre d'emploi. Et nous avons aussi des techniques qui se modernisent. Et là encore, l'offre ne rejoint pas toujours la demande. Et il y a beaucoup de gens qui pourraient faire des carrières dans le bâtiment qui ne le savent pas ou beaucoup de gens qui sont repoussés par des métiers dit manuels…Et ces métiers sont très beaux. Des femmes qui ne pensent pas non plus au métier du bâtiment. Alors que, de plus en plus, ce métier se féminise. Je crois qu'il y a 7% de femmes dans le bâtiment, mais je me trompe peut-être sur ce chiffre là. Mais là vraiment on aura besoin de tout ça à la fois. Alors revenons à Amiens, pour répondre à la question de Monsieur Lessard, ne détachons pas cette question du logement du contexte national. Vous avez le contexte national, je vous l'ai dit ces chiffres sont indéniables. Amiens, rappelons nous les années 90. Pas un sou n'était mis dans le logement, pas un sou local. Et pour moi, le problème du logement, s'il y avait une image à donner, c'est le grand marais avec des baraques, et des gens qui survivaient, je ne sais pas comment. C'était ça la problématique. C'était encore des baraquements encore le long du boulevard, et c'était ça la situation du logement. C'était assez triste. Et puis reconnaissons le ce phénomène de demande de logements s'est accéléré dans les années 90, dans la France entière, et à Amiens en particulier. Et peut-être qu'à Amiens en particulier aussi parce que Amiens est une ville attractive. Elle le démontre, j'espère tous les jours, et le fait que les entreprises s'installent, que les entreprises se développent et bien d'autre, montre que à la fois le nombre de demandeurs d'emplois stationne. J'ai eu les chiffres du mois de juin. Il a même diminué, par rapport aux chiffres qu'on obtient au mois de mai. Et avec une population qui augmente, il y a des demandes de logements supplémentaires. Alors tout ça pose problème, que faisons-nous ? Qu'allons nous faire ? Comment peut-on faire de l'offre et de l'offre adaptée ? Alors je pense qu'il faut franchement dire qu'il faut augmenter l'offre de logements encore par rapport au rythme qui a été pris à Amiens. Nous sommes à un rythme, si j'ai bien compris, de 800 à 900 logements supplémentaires, tout confondu, dont 25 à 30 % sont des logements aidés, donc des logements dits sociaux. Je pense et les études que nous avons montrent qu'il faut passer plutôt à un rythme de 1200 si c'est possible, dont si possible 25 à 30 de logements aidés. Alors que nous étions dans les années 90 à 2000 en train de solliciter les services de l'équipement pour avoir des crédits qui n'en avaient pas. Permettez moi de vous dire qu'aujourd'hui les services de l'équipement ne savent pas comment pouvoir distribuer les crédits qu'ils ont. C'est clair et c'est net. Et je ferais un bémol à cette remarque. C'est que, comme nous voulons faire de la qualité, nous avons des logements aidés qui coûtent chers, et qui nécessite une mobilisation, non seulement de la ville, mais aussi de la Métropole, mais aussi qui devrait nécessiter la mobilisation, et du département, et de la région. Et donc, l'une des premières remarques, ou des démarches, que nous devrions faire, c'est de mettre en face de leurs responsabilités le département et la région. Le département parce qu'il a une vocation sociale, la Région parce que à travers le Contrat Régional d'Agglo il y a vraiment des sommes dérisoires pour le logement. Et je souhaite franchement que la nouvelle majorité régionale multiplie ces sommes par 5 ou par 10 pour être à la hauteur de l'enjeu. Voilà donc une première démarche qu'il faudrait faire. La deuxième démarche s'est qu'il faut utiliser les crédits qui sont disponibles. Sachez que la baisse du livret A rend ou donne à nos bâilleurs sociaux une somme considérable qui varie chaque année. Parce qu'elle se cumule, je crois que c'est 120000000 d'Euros pour 2003, ça doit être 180 pour 2004, ça doit être 200 ou 250 pour 2005 et ça va être exponentiel à moins que l'inflation remonte et que les taux remontent. Donc là il y a du disponible. Sachons utiliser ces crédits qui sont à notre disposition pour que les opérateurs puissent les utiliser. Troisièmement, il faut produire du foncier. J'ai le document ici, il semble que aujourd'hui il y est une capacité de produire du foncier pour les quelques prochaines années. Pour les 4 prochaines années à hauteur de 4275 logements dont au moins ¼ ou 1/3 pourraient être des logements aidés. 4275 ça fait à peine 1000 par an. Il faut produire du foncier, autrement et au-delà des 1000 par an, si il faut faire 1200, il faut donc trouver du foncier ailleurs. Il faut donc, c'est une proposition supplémentaire, créer un établissement public foncier local, dont le rôle c'est de rechercher du foncier, de l'acheter, de le viabiliser, de le revendre, pour faire du terrain à bâtir. C'est pas facile, il faut faire quelque fois des ZAC, il faut faire quelque fois des expropriations. Mais il faut savoir ce qu'on veut. Si on veut accueillir à Amiens, si on veut loger à Amiens, il faut faire des opérations qui peuvent être ici ou là un peu douloureuses. Et il faut que tous les élus, est franchement, la majorité de l'opposition ne hurle pas avec les loups, lorsque l'on cherche à faire une ZAC créant du foncier, comme je l'ai vu récemment. Il faut au contraire que l'on mette les gens devant leurs responsabilités. L'intérêt général passe avant les intérêts particuliers. En respectant chacun on peut respecter cet équilibre entre l'intérêt général et les intérêts particuliers. Il faut créer du foncier à Amiens. Cinquième proposition, il faut faciliter le parcours résidentiel. Et là je rappelle, si tout logement est social, qu'on oppose pas le privé avec le public. Parce que quel que soit le gouvernement, jamais les fonds publics n'ont suffits à loger tout le monde. Ca n'a jamais existé. Et donc il faut faciliter tout le parcours résidentiel. Qu'est ce que ça veux dire ? Ca veux dire, par exemple, qu'il faut faire du PLS à Amiens, du Prêt Locatif Social. Parce que ce PLS, qui ne coûte pas très cher, c'est vrai, on peut le multiplier presque autant qu'on veut aujourd'hui, mais il permet à des gens de sortir entre guillemet parce que ils ne sont plus avec des critères qui exigent un logement social aidé, donc un logement très social, et ils peuvent occuper un logement PLS et ça libère du logement très social. C'est ça le parcours résidentiel. Il faut aider l'accession sociale à la propriété. Le PLSA, qui est un parcours, d'abord quelques mois ou quelques années en location, peut se traduire au bout de quelques mois ou de quelques années par une acquisition. Et si il y a un accident de la vie, il y a un parachute. Et je trouve cela très intéressant. Il ne faut pas tirer un trait sur l'acquisition par le locataire de son logement. Moi je trouve que, franchement, vous avez eu des propos un peu légers me semble t-il. Parce que les gens rêvent d'être propriétaires de leurs logements, ne leur retiraient ce rêve que en leur permettant de le réaliser. Et en permettant à un locataire, qui a quelques moyens, avec un crédit sur 30 ans et avec des parachutes en cas d'accident de la vie, ils deviennent propriétaires, ce ne fait pas des copropriétés dégradées. Surtout si l'office d'HLM, la SA d'HLM ou un autre organisme d'HLM continu à gérer cette copropriété. Qu'il y ai eu des accidents de l'histoire et des copropriétés dégradées, c'est que certain n'ont pas su faire. Mais nous savons faire, nous ici, avec nos gestionnaires HLM, des copropriétés qui ne se seront pas dégradées. Et donc cette voie vers l'accession à la propriété d'un locataire permet aussi au bâilleur social qui vend un logement ou qui en vend 10 ou qui en vend 100 par an, un petit peu, 1% de son parc, d'avoir une rentrée d'argent frais qui lui permet de faire l'autofinancement pour construire d'autres logements sociaux. Et ainsi, la chaîne du logement fonctionne. Donc ne négligeons pas cette piste, qui n'est pas la solution, mais qui est une des solutions responsables pour augmenter l'offre de logement. Pensons aussi évidemment à l'accession à la propriété. Pensons aussi au PNAI, pensons aussi aux opérations programmées de l'habitat qui permettent de rendre dignes des logements qui sont indignes, en tout cas d'y vivre en 2004. Je pense que ça fait partie de la chaîne du logement. Pensons aux PNAI qui permettent de rénover aussi des logements et de les rendre habitables. Des logements vacants aujourd'hui, qui seraient vacants et restés vacants s'ils n'y avaient pas les PNAI. Pensons aussi au système d'amortissement qui ont été initiés dans la loi que j'ai eu l'honneur de présenter. Parce que si on peut amortir l'acquisition, plus de travaux de logements qui resteraient vacants, ça fait un logement de plus. Donc, jouons sur toute la gamme si vous voulez bien. Poursuivons le GPV, moi, j'ai était heureux d'entendre l'opposition dire il y a des problèmes de GPV à Etouvie. Ca veut dire qu'à Etouvie on réclame du GPV. Et si on en réclame à Etouvie c'est qu'ils ont l'exemple du quartier nord, où ça se passe tellement bien, ou ça transforme tellement un quartier avec ses nouvelles habitations, ce nouvel habitat que vous avez visité Madame le Maire en bonne compagnie l'autre jour. Ca prouve qu'il y a des besoins, des envies, qui s'expriment à Etouvie, parce que on sait ce qui se passe ailleurs, à Etouvie, comme à Victorine Autier, bien entendu. Et puis moi je fais une proposition. Elle est peut-être un petit peu provocante. Faisons venir d'autres opérateurs à Amiens, d'autres bâilleurs sociaux. Il n'y a aucune raison qu'une situation, pas de monopole, bien sûr, mais que seul l'OPAC et la SIP portent sur leurs épaules, certes large mais limitées quand même sur le plan financier, tout le poids du logement social à Amiens. On a le droit de laisser venir, d'inviter même, d'autres opérateurs et d'autres bailleurs sociaux à venir sur Amiens. Ils s'en présentent quelques-uns. Ne donnons pas l'impression qu'on est entre nous, et bien entre nous. Mais en élargissant le nombre de bâilleurs sociaux on élargira forcément l'offre de logement à Amiens. Et puis, je voudrais que l'on n'oubli pas aussi dans cette offre de logement les gens du voyage. Le mot n'a pas été prononcé. Je me permets de le faire. Parce que Amiens Métropole, sous l'autorité de Jean de Noyelles, s'y emploie fort bien. Je sais que ça provoque des difficultés. Sachant ne pas nous camper dans des diatribes, dans des critiques ou de façon démagogique, en se faisant simplement l'écho de ceux qui ont besoin de logements aujourd'hui. Et du dernier écho qu'on a reçu, en croyant ce n'ai que ça le problème du logement en France. Je vous rappelle que l'Abbé Pierre a dit qu'il y a 3 millions de mal logés. Ca veux dire qu'il y a aussi 57 millions de gens qui sont plutôt satisfait de leur logements. Toutes les enquêtes prouvent, même à l'OPAC, même chez les bâilleurs sociaux, à l'OPAC il y a eu une enquête, je crois que 75% disent qu'ils sont satisfaits de leurs logements. Mais ça veux dire qu'il y en a 25 qui ne le sont pas. C'est pour cela qu'on travaille mais aussi pensons aux gens du voyage. Jean Noyelles s'en occupe. Il y a une aire d'accueil qui est réalisée à Boves. Malgré des difficultés, je le sais, poursuivons. Il y aura d'autres aires d'accueil qui seront réalisées Vallée de Grasse, et puis dans la Vallée aux Crapauds à côte de la Vallée Saint Ladre, au delà de la rocade et à coté de la Zone d'Activité. Tout cela doit être mis en œuvre pour 2005. Et donc, nous aurons la conscience en paix envers les gens du voyage. J'espère bien en tout cas en 2005. Et nous aurons rempli notre contrat. Voilà quelles pistes de réflexions et d'actions que je vous propose.

Madame le Maire :Merci Monsieur de Robien. Nous aurons bien entendu l'occasion de revenir et dans ce conseil et dans les conseils à venir sur tels ou tels aspects concrets et pratiques qui découlent des propositions que vous venez de faire notamment. Mais il nous semblait vraiment important qu'on ait à l'occasion de ce Conseil municipal, juste avant l'été, un point global sur la situation de manière à bien nous mettre en tête nos priorités, qui sont encore une fois des priorités complètes en direction de tous les types de public qui ont besoin d'être logé sur Amiens.

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