Les élus Verts au Conseil Municipal d'Amiens
Conseil municipal du jeudi 22 septembre 2005
Mme le Maire – Une décision modificative n’est pas un acte banal ou banalisé. En effet, s’il est normal de respecter les décisions budgétaires prises en début d’année après un gros travail de préparation et de concertation, il est important aussi de disposer de capacité de réaction et d’amplification des politiques menées. L’intérêt de la démocratie municipale est de disposer aussi des outils qui permettent, dans les délais les plus courts, de répondre à de nouvelles attentes des habitants, d’être capable de régler des problèmes qui n’apparaissaient pas aussi majeurs il y a encore quelques mois. La DM qui vous est proposée ce soir est tout à fait dans cet esprit. Elle amplifie certaines de nos grandes politiques, comme notre programme La Ville aux Enfants ou comme notre plan de lutte contre l’exclusion. Elle réagit aussi face à des problèmes de propreté que nous avons tous pu constater ces derniers mois et que les habitants nous ont signalés. C’est une DM d’amplification avec une Ville aux Enfants qui était un objectif et qui devient, mois après mois, réalisation après réalisation, une réalité. Nous avons pu encore le constater samedi dernier avec l’inauguration et surtout le vrai succès populaire et enfantin du square Jules Bocquet en centre ville. La DM accélère nos efforts avec la mise en place de fontaines à eau et la distribution de trousses d’hygiène buco-dentaire dans les écoles d’Amiens, la création de nouveaux squares pour nos enfants, l’expérimentation de chemins d’écoliers sécurisés à la sortie des établissements scolaires et, bien sûr, la création pour la fin 2006 des 130 nouvelles places de crèche dont le programme a été voté lors des précédents conseils et dont les montants budgétaires sont inscrits aujourd’hui. Cette DM va offrir les moyens les plus performants pour la réussite scolaire de nos enfants grâce au programme ambitieux « écoliers branchés » qui permet l’informatisation de toutes les écoles primaires publiques et privées d’Amiens. Je me suis laissée dire que cela donnait toute satisfaction aux directeurs d’écoles, aux instituteurs et surtout aux enfants. D’ici à la rentrée prochaine seront informatisées les écoles maternelles. La réussite scolaire, le bien être au quotidien des petits Amiénois, c’est bien sûr leur donner la première place dans la vie de notre cité. Mais cette DM a souhaité aussi mettre un turbo dans le domaine de la lutte contre toutes les exclusions : exclusion sociale, exclusion due au handicap ou à l’âge. 93 000 € de subvention seront versés aux diverses associations agissant dans le champ du social et 45 000 € seront consacrés à un diagnostic accessibilité pour nous permettre de faire encore mieux. Je prendrais en référence la création des bornes statiopass que nous avons inaugurées il y a deux semaines dans le centre ville. La mise en place de ces bornes est un vrai symbole de notre volonté politique en matière d’accessibilité, tant dans les écoles et établissements publics que dans les transports ou sur les voiries. Amiens ville solidaire, c’est le maître mot de l’esprit de la DM que nous mettons au vote aujourd’hui. Il s’agit de restaurer le lien social souvent distendu au fil des accidents de la vie. Je citerai comme exemplaire et plébiscité par tous le numéro vert « Ecoute seniors » grâce auquel de cruelles solitudes ont été rompues par un simple coup de fil ou une visite d’élu au domicile. Je ne résiste pas à vous raconter une anecdote toute récente d’une dame isolée que j’ai rencontrée il y quelques jours et qui m’a dit à quel point elle avait été touchée de recevoir du CLIC un coup de téléphone le jour de son anniversaire. Surmonter les différences, qu’elles soient sociales ou culturelles, afin d’offrir à tous les Amiénois les mêmes chances, les mêmes tendues vers ceux qui en ont besoin, améliorer les conditions d’accueil des enfants déjà déracinés des demandeurs d’asile, encore un challenge que la Ville d’Amiens relève car tous les enfants, tous les visages du monde ont droit à l’épanouissement dans notre cité solidaire. Cette DM est aussi une DM de réaction face aux problèmes de propreté. Nous voulons faire avec les Amiénois et non à la place de nos concitoyens. En effet, l’embellissement de la ville est de notre responsabilité à tous. Une ville propre, c’est une ville qui, avec ses habitants, intensifie sa vigilance et ses contrôles, notamment en matière de lutte contre les déjections canines, les tags, l’affichage sauvage, … C’est pourquoi Claude VAILLANT a été chargé de mettre en place un plan propreté dont les actions vous seront présentées prochainement. Lors du sondage effectué en début d’année dans le cadre du PLU, beaucoup ont souhaité davantage de parkings. La problématique du stationnement, dont l’impact sur l’aménagement de la ville et sur le cadre de vie des Amiénois est de plus en plus prégnant, doit trouver une diversité de solutions. Nous souhaitons donc mettre à l’étude et à la concertation plusieurs propositions. Nous avons désigné à cet effet un élu référent en la personne de Jean-Bernard GRUBIS. Après l’ouverture cette semaine du parking Perret sous le cinéma Gaumont, le lancement du concours conception-construction pour la réalisation d’un parking de 250 places sur le boulevard Jules Verne constitue l’un des principaux leviers pour organiser un partage de la voirie plus respectueux de tous les modes de déplacement : marche, vélo, transports collectifs, taxis. Un bon fonctionnement du stationnement payant est en effet le corollaire indispensable à la réduction du stationnement illicite. A l’issue des travaux de construction de cet équipement, le boulevard Jules Verne sera reconstitué, l’emprise actuelle du talus SNCF, qui sera ramené au niveau de la chaussée, recevra un aménagement paysager. L’intérêt de la Ville et de notre agglomération pour le logement est ancien et se traduit par le nombre considérable de logements locatifs aidés à Amiens. Je vous rappelle que nous disposons en effet de 21 000 logements aidés dans cette ville, soit 36% des résidences principales là où la loi exige 20%. Dans les budgets de la Ville et de la Métropole cette préoccupation est présente avec une inscription de 1 500 000 € à la Métropole et 750 000 € à la Ville. Afin de renforcer cette volonté en faveur de l’habitat, nous avons décidé de nommer un adjoint, Béatrice LEROUX-LEPAGE, qui aura pour mission d’animer cette politique en coordination avec les élus en charge de l’urbanisme et du plan local de l’habitat. Ces choix reflètent et renforcent le sens de notre action : mobiliser au quotidien à faire toujours plus et mieux pour améliorer la qualité de vie des Amiénois. Parce que notre devoir est de répondre aux attentes et aux besoins légitimes de chacun des 140 000 concitoyens de notre cité, cette DM réaffirme notre engagement constant en faveur d’un service public solidaire, juste et soucieux de donner à chacun, et en particulier aux jeunes générations, les conditions d’une vie toujours meilleure. Contribuer à l’épanouissement et à la réussite de tous les habitants tout en poursuivant un développement volontariste et durable de notre ville, voilà l’état d’esprit qui anime plus que jamais nos choix. Ensemble, grâce à cette vraie DM de service au public, nous montrons notre détermination à faire d’Amiens une ville toujours plus humaine, sociale et attentive à la richesse que constitue notre jeunesse et aux enfants qui sont notre avenir, un avenir que nous voulons souriant et optimiste, résolu à continuer d’offrir aux Amiénoises et aux Amiénois les moyens d’être heureux et fiers de vivre à Amiens.
M. MEZIN – Cette DM ne répond pas aux canons classiques de ce que nous avons l’habitude de faire, c’est à dire une simple décision modificative. Nous avons là des politiques nouvelles. Au moment du vote du budget, je vous avais indiqué que nous avions une surprise sur un taux de réalisation des budgets d’investissement relativement faible, qui se traduisait d’une part par le fait que nous n’arrivions pas à réaliser ce que nous avions programmé et d’autre part par des reports à nouveau qui finissaient par rendre les comptes moins lisibles. Nous avons donc fait une double opération exceptionnelle sur cette année. La première consiste à virer tous les crédits de report qui n’allaient pas être utilisés dans l’année, de manière à demander aux services d’être très attentif à une gestion de leurs crédits de paiement annuelle, conforme à ce qu’ils allaient réellement pouvoir engager. En réponse, les services nous ont fait savoir qu’ils avaient du mal à travailler s’ils ne savaient pas les budgets qui leur seraient alloués. Face à cette double exigence, nous avons décidé, pour tout ce qui est le quotidien –entretien, propreté, etc…- de voter des autorisations programme qui ne changent pas les équilibres budgétaires puisqu’ils ne vont pas être engagés cette année mais vont permettre aux services de savoir que ces crédits sont disponibles, qu’il convient d’ores et déjà de faire les études, de préparer les appels d’offres, les marchés pour que, dans les mois qui viennent et immédiatement sur le budget 2006 qui lui verra les crédits de paiement nécessaires, consommer ces autorisations de programme. Leur montant est important parce qu’il y a une volonté très claire de mettre du même pas ce qui se fait sur le quotidien et ce qui se fait dans la préparation du futur. Dans le même sens, ce budget doit se lire avec l’idée que, si nous avons deux institutions –une communauté d’agglomération et une mairie- les Amiénois vivent l’ensemble et le fait que culture, sport, économie soient payés par ailleurs ne change pas pour eux la donnée globale. Il s’agit donc d’un budget qui reste dans nos esquisses financières telles qu’elles vous ont été présentées au moment du DOB, avec les simulations habituelles dont vous avez connaissance.
M. LESSARD – Je pense que Roger MEZIN a raison sur ce qu’il avance au plan technique. Nous avions effectivement déjà noté cette insuffisance de consommation des crédits mais cette DM va au-delà. Vous donnez d’ailleurs un ton solennel à sa présentation. Cette DM semble anticiper, au moins en autorisations de programmes, le budget 2006. En crédits de paiement, elle ne représente que 2 millions d’€, ce qui n’est pas très important même si c’est bon à prendre puisque cela recouvre des opérations qui peuvent démarrer ou être confortées dès maintenant. C’est bien mais on sent surtout un besoin de reprendre la main, une pré-campagne peut-être ; on a l’impression qu’on est déjà en 2006. Quel ton solennel pour une décision modificative n°2 ! Cette DM aurait pu intégrer, comme nous vous l’avions suggéré –et vous auriez eu un argument supplémentaire pour la Ville aux Enfants- la révision des barèmes des tarifs municipaux puisque vous avez enfin accédé à notre demande cet été. Des chiffres ont d’ailleurs été annoncés dans la presse sur une perte de recettes. Nous aurions souhaité disposer des éléments chiffrés qui ont servi à cette révision dont nous prenons acte. Nous pensions qu’elle aurait pu être votée par le Conseil Municipal. Il faudra faire un bilan complet, en fin d’exercice, de cette mesure et nous réclamons les chiffres et les effectifs pour pouvoir bien mesurer l’impact de cette révision. Il y avait 7 tranches, il n’y en a plus que 5. Nous savons qu’une telle modification entraîne des coups d’ascenseurs dans un sens et dans l’autre. Nous voudrions donc avoir l’impact sur les familles, même si effectivement qui dit perte de recette dit effort pour les catégories de tarifs les plus bas. Si c’est un intérêt pour ces familles, il faudra voir si cela se vérifie pour toute l’échelle. Cette décision modificative comprend également un crédit de paiement pour la réalisation de places de crèches. Tout ce que nous avons pu arracher en faveur des Amiénois ne nous incite pas malgré tout à voter cette DM et la délibération sur le parking Jules Verne serait déjà à elle seule une bonne raison de nous opposer. Nous notons néanmoins tout ce que nous avons pu engranger. Vous avez effectivement tenu compte d’un certain nombre des observations que nous avons tenues et soutenues au fil des réunions de ce Conseil.
M. PORQUIER – Je suis tenté de voir dans cette DM et dans les projets qui nous sont présentés la traduction du manque d’anticipation qui caractérise parfois votre action à la tête de la Mairie. La Ville aux Enfants, les projets de création de places de crèche, la réhabilitation de squares ludiques, c’est une excellente chose. Mais au cours de combien de conseils municipaux il aura fallu batailler, combien de propositions il aura fallu amener pour qu’enfin des engagements soient pris, que des financements soient actés alors que, pendant des années, votre réponse systématique niait les problèmes de places de crèche et d’accueil à Amiens. Heureusement, même si cela a été long, ces choses-là sont actées aujourd’hui, nous nous en félicitons et nous nous en considérons un peu les dépositaires. C’est en effet une excellente chose que d’engager des financements sur ce chantier-là. Concernant les revêtements de chaussées, j’ai le sentiment –et c’est un peu le ressenti de la population amiénoise- qu’à Amiens on ne programme pas les chantiers dans les rues et qu’on perce et qu’on reperce. Un peu comme les médecins de Molière, on pratique régulièrement la saignée dans cette ville, on provoque des dérangements importants. Il y a un problème d’anticipation régulière. Aujourd’hui on va réaliser des travaux de revêtement importants ; tant mieux, il le fallait mais je crois que ce n’est pas pensé. Le faire éviterait à la fois des dérangements et des surcoûts. Enfin, cerise sur le gâteau, vous avez vraiment le chéquier facile pour les parkings. Jusqu’où va-t-on aller dans ces dépenses qui nous engagent sur le long terme en matière d’aménagements pour l’automobile ? Est-ce qu’un jour on pourrait avoir l’espoir de consacrer un peu de financement à d’autres modes de transports, d’engager la réflexion sur d’autres sujets ? C’est assez lassant et c’est, là encore, un vrai défaut d’anticipation par rapport aux problèmes à venir en termes de transports et de déplacements. Vous ne prenez pas la mesure des problèmes déjà actuels en termes de circulation dans Amiens et à venir demain en termes de déplacements par rapport aux questions d’énergie, d’urbanisme qui sont devant nous. Vous ne faites pas ce qu’il faut et vous prenez même des décisions qui vont nous pénaliser à l’avenir. Autant dire que nous ne voterons pas cette décision modificative.
Mme DESCAMPS – Je me réjouis comme tout le monde des 130 places de crèche créées cette année mais je me demande si elles suffiront à supprimer les listes d’attente, d’autant que la directrice de la crèche Georges Quarante annonçait encore, dans un reportage auquel vous participiez récemment sur FR 3 Picardie, de telles listes. Si, par ailleurs, vous voulez qu’Amiens se développe, comme vous l’avez annoncé, je pense qu’il faudra d’autres places de crèche, d’autres créations d’équipements. Un article de presse du 8 septembre m’a inquiétée : la CNAF va réduire son aide aux crèches. Elle ne pourra donc plus jouer le rôle de locomotive qu’elle avait jusqu’alors. En ce qui concerne les écoles, il est vrai que des travaux conséquents ont été faits cette année et nous nous en réjouissons tous. Mais il y a encore à faire, notamment sur les écoles ZEP d’Etouvie, les Saules et Georges Brassens. L’impatience de leur réhabilitation est grande et nous voudrions connaître l’échéancier des travaux envisagés, d’autant que les enfants sont encore rentrés cette année dans des locaux vétustes et déplorables. Je voudrais ajouter que, lorsqu’on fait des travaux, il faut aussi penser à entretenir les écoles, ne serait-ce que lessiver quelquefois les peintures. Vous avez annoncé La Ville aux Enfants cette année, avec des actions intéressantes. Mais il y a encore beaucoup à faire, notamment dans le domaine de l’accès à la santé et à la culture.
M. OGER – En réponse à l’interpellation de Mme DESCAMPS concernant les Saules et Georges Brassens, je me permets de lui rappeler que, lors de notre visite, l’inspecteur et moi-même l’avons rencontrée et nous avons précisé au Directeur et à la Directrice que notre objectif était toujours le même, à savoir une réhabilitation pour la rentrée 2007, ce qui, apparemment, semblait convenir à tout le monde.
M. NEMITZ – Nous sommes tout à fait conscients du problème qu’évoque Mme DESCAMPS, à savoir les difficultés de santé chez certains enfants en situation sociale défavorisée. C’est pour cela qu’Amiens s’est portée candidate pour répondre à l’appel d’offres national et être inscrite dans le dispositif dit de réussite éducative qui comporte l’identification de situations difficiles chez de jeunes enfants et adolescents pour aider à leur réussite sur tous les plans, y compris le plan de la santé. Je pense que ce dispositif, qui est un peu un complément du Contrat de Ville, pourra apporter des éléments d’amélioration sur ce point important.
Mme DESCAMPS – Sachant qu’Amiens a été retenue pour ce contrat dans le cadre du plan de cohésion sociale de M. BORLOO, je m’étonne que nous n’ayant pas encore délibéré. Les projets sont prêts et ne peuvent pas être mis en route, faute de support juridique. Ce retard est bien dommage.
Mme le Maire – J’ai reçu une lettre du Ministre concerné il y a moins de deux semaines, m’indiquant que la Ville d’Amiens était retenue et m’informant du montant (100 000 €) que l’Etat est prêt à investir dans notre ville sur ce thème. Que je sache, on n’arrive pas à prévoir une délibération en si peu de jours puisque, comme vous le savez, il faut que les dossiers passent en commissions, etc… Nous aurons à délibérer le moment venu. Bien entendu nous savons que les dossiers sont prêts, grâce à la mobilisation de tous les partenaires de la communauté éducative.
M. MEZIN – Un budget, et même une DM, c’est sur une colonne les dépenses et sur l’autre colonne les recettes. Je suis toujours surpris de la façon dont on oublie cette vérité simple. Je n’entends jamais personne me dire comment on remplit la colonne recettes. Je connais trois manières de le faire : - les impôts : je n’ai jamais entendu sur certains bancs un plaidoyer très fort de ce côté. - les subventions, notamment des collectivités supérieures comme la Région : ça baisse plutôt que ça n’augmente. - le paiement des services par les citoyens : nous avons le courage de faire ce qu’il faut à chaque fois qu’il le faut et dans le sens de la justice. Les tranches de barème qui sont proposées visent effectivement à annuler pour les plus démunis le fait qu’à cause des plafonds ils finissaient par devoir payer, ce qui n’est plus le cas. J’espère que nous arriverons à terme à avoir un système comme l’impôt progressif sur le revenu, c’est à dire un système moins cassant. En ce qui concerne les travaux sur la chaussée, la loi interdit de casser les chaussées pendant trois ans après leur réfection. Ne vous inquiétez pas, nous respectons la loi. En revanche, des organismes publics se permettent quand et comme ils le veulent de faire des travaux sur notre voirie. Nous n’y pouvons pas grand chose et nous le regrettons au moins autant que vous. M. PORQUIER, je suis surpris de voir que vous êtes très attentif à ce que dit la population sur les crèches et que vous ne le soyez pas autant à ce qu’elle dit sur le stationnement. Je vous assure que j’entends plus souvent parler du stationnement que des crèches. Nous ne sommes pas sourds et nous écoutons tout le monde. Les citoyens ont des problèmes que nous cherchons à résoudre dans le cadre budgétaire. Aujourd’hui s’expriment des problèmes de stationnement très difficiles à résoudre notamment pour ceux qui habitent loin d’Amiens parce qu’ils ne peuvent pas acheter une maison sur Amiens, qui doivent venir en voiture et stationner. Nous avons aussi à régler ce problème. Ce faisant, nous réglons aussi un problème économique parce que le jour où les gens ne stationneront plus, ils n’achèteront plus, les commerces ne paieront plus de taxe professionnelle et nous n’aurons pas l’argent pour faire les crèches.
M. DE ROBIEN – D’abord, nous sommes très heureux de voir M. LEROY continuer à siéger parmi nous et en bonne santé. Je voudrais répondre à certaines observations faites il y a quelques instants, notamment « vous êtes en campagne ». M. LESSARD, vous pensez campagne électorale. Nous, nous sommes en campagne tous les jours au service des Amiénois. C’est ça l’action municipale. Je propose donc qu’on quitte un peu les postures de majorité et d’opposition, celle que vous avez illustrée ce soir en déclarant engranger les bonnes décisions et en refusant de les voter. Cette posture est archaïque. Puisque vous trouvez bien ce qui est fait, votons le tous dans la joie. En tous cas, nous avons une bonne DM. Elle est volontariste et on peut se réjouir qu’elle soit le résultat d’actions foisonnantes dans la ville de démocratie locale à travers des forums, des comités de quartiers, des enquêtes, le PLU, un séminaire des élus qui ont « ramé » pour déterminer mieux ce que veulent les Amiénois et plus ce que l’on peut faire. Et c’est la bonne santé financière des budgets d’Amiens et d’Amiens Métropole qui fait qu’il y a synergie et une politique qui fait masse critique au service de l’ensemble des Amiénois, qu’ils soient métropolitains ou municipaux. Je voulais dire à Mme le Maire un certain nombre de choses pour amplifier encore cette politique. La Ville aux Enfants, c’est une bonne idée, ce sont de bonnes actions qui se mettent en place pour des besoins tout à fait manifestes et avec des réponses en adéquation. Mais on peut peut-être créer encore plus de synergie entre des mesures nationales et des mesures locales. On a cité le plan de cohésion sociale de Jean-Louis BORLOO : 100 000 € vont arriver, c’est parfait. Des parcours de réussite éducative vont être mis en place dans la ville. Pour l’éducation Nationale, de façon expérimentale pour 2005/2006 et généralisée en 2006, se mettront en place les programmes personnalisés de réussite éducative. Les premiers se feront hors temps scolaire, les seconds pendant le temps scolaire, l’objectif étant de faire que les enfants qui peuvent décrocher dans les premières semaines ou les premiers mois de l’année scolaire soient tout de suite pris en main par des systèmes personnalisés. Je voudrais donc qu’on réfléchisse tous ensemble à comment utiliser le plan municipal, le plan de cohésion sociale, le plan éducation nationale pour répondre globalement et de manière la plus pertinente possible à des enfants à la fois en déficit éducatif, sanitaire, parfois affectif, avec ces moyens venant de différents ministères et de la Ville d’Amiens. Car, s’agissant des jeunes, une société s’honore en préparant l’avenir en aidant les plus fragiles à ne pas rester au bord du chemin mais à emprunter le même chemin que les autres. De manière plus terre à terre, je voudrais aborder le volet propreté. Partout en France, on rencontre des Amiénois et leurs éloges sur Amiens sont un encouragement. Ils disent même que la ville est propre. Je ne trouve pas. Vous avez raison de dire qu’on creuse souvent les trottoirs et que c’est agaçant. On peut faire des progrès sur cette question comme sur la propreté. Mais nous sommes tous encore bien plus horripilés par les crottes de chien que par les trous dans les trottoirs et il faudra un jour prendre des décisions, un peu comme quand on a mis des radars sur les routes. Si on mettait une sanction, une amende sévère aux propriétaires de chien qui laissent faire n’importe quoi sur nos trottoirs ou nos pas de porte, cela ferait exemple. Il faut savoir assumer cela aussi. Il ne s’agit pas d’une simple question visuelle mais d’hygiène dans la ville qu’on doit aux Amiénois. Je pense que la puissance publique doit faire preuve d’autorité et médiatiser des exemples s’il le faut. Sur la question du logement, il y a une politique nationale qui fait passer le logement en France de 290 000 en 2001-2002 à 300 000. déjà en 2004 on a construit 378 000 logements, en 2005 on va en construire 400 000. C’est du jamais vu depuis 1981. Il faut qu’à Amiens –et Amiens Métropole qui a en charge une partie du logement et du GPVon change encore une fois de braquet. Aujourd’hui, 750 logements sont construits dans la Ville dont 150 aidés : c’est bien. Je sais qu’il y a une crise du foncier et que c’est très difficile. Mais je lisais dans le courrier dit réservé qu’un nouvel opérateur veut venir dans la Somme : mettonsle au pied du mur avec un objectif. Je propose que nous fixions ensemble, Ville et Métropole, un objectif de 1000 logements par an dont 300 aidés, doubler le nombre de logements aidés puisqu’il y a les crédits d’Etat nécessaires, des crédits métropolitains, des crédits Ville, il va y avoir des crédits Région. Si ces crédits sont mis sur la table, budgétés et pas utilisés, nous sommes fautifs. Bien sûr nous ne sommes pas des opérateurs directs mais il faut forcer les opérateurs à construire plus de logements à Amiens. Je propose donc que le cap des 1000 logements soit fixé pour 2006. Sur le plan de l’emploi, regardons le chemin parcouru depuis quelques années. Nous avions presque 4 points (3,9) de chômage supplémentaires par rapport à la moyenne nationale. Nous avons réduit cet écart de plus de la moitié. Il faudrait que, dans les 3 ans, l’écart soit de zéro. Pour cela, il faut faire feu de tous bois : protéger les emplois existant, ce à quoi nous nous employons tous les jours et c’est dur, se battre pour des emplois nouveaux et nous le faisons bien. Il y a aussi des emplois aidés et puisque le gouvernement les met sur la table, sachons les utiliser comme nous avons, à un moment donné, utilisé les emplois jeunes et autres aides. Là encore, nous avons un objectif à nous fixer. Ensemble, Métropole et Ville, il faut nous fixer l’objectif, d’ici la fin de l’année, de 400 emplois aidés recrutés avec l’aide de l’ANPE qui nous donnera les profils, les parcours de formation, la qualification à apporter à ces jeunes et avec l’engagement de nos deux collectivités de leur apporter cette formation pour que la qualification soit au bout du parcours de 12, 18 ou 24 mois pour ces personnes soit en CAE soit en CA (contrat d’avenir). Avec cela, je crois qu’on aura un bel objectif, pas une campagne électorale, M. LESSARD, nous aurons le temps d’en reparler. Nous serons au rendez-vous de la campagne mais le meilleur des rendez-vous, ce n’est pas l’échéance électorale, c’est le quotidien.