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logo de la ville d'Amiens Les élus Verts au Conseil Municipal d'Amiens logo des verts

Conseil municipal d'Amiens du 10 mars 2003

Débat d'orientation budgétaire

- Nous assistons globalement à une hausse de la fiscalité locale pour les Amiénois. Un impôt ménage se profile au plan métropolitain, il s'ajouterait dans ce cas à une hausse régulière de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, à une hausse des tarifs municipaux et métropolitains, et à une hausse importante de la fiscalité départementale en 2001. Ceci dans un contexte où les bases de calcul de l'impôt produisent pourtant une hausse de rentrées fiscales de la ville de 3,5% entre 2001 et 2002.

- La situation de la ville d'Amiens est aujourd'hui paradoxale. La ville est, dans l'ensemble assez pauvre. La fiscalité s'accroît et la pression sur les frais de fonctionnement laisse présager un déclin de la qualité des services. Beaucoup de contribuables sont exonérés de fiscalité locale, et ceux qui en paient le font plus qu'ailleurs alors que le coût de la vie à Amiens - et en particulier celui du logement - est élevé. Ce sont donc les salariés modestes qui sont les premiers lésés par cette politique fiscale.

- Pourquoi le contribuable d'aujourd'hui devrait-il payer les investissements qui vont durer plusieurs décennies ? La politique budgétaire de la municipalité actuelle telle que décrite par l'adjoint aux finances, M. Mézin, table de façon idéologique sur l'emprunt zéro, estimant que l'emprunt d'aujourd'hui c'est l'impôt de demain. Or, la ville est faiblement endettée actuellement et tout le monde le reconnaît. Maintenir une fiscalité locale élevée, compresser les frais de fonctionnement de la ville, cela revient à faire supporter aux contribuables actuels toute la charge d'investissements qui vont durer 10, 20, 50 ans et peut-être davantage, alors que l'emprunt étale cette charge dans le temps sur les différents contribuables et usagers du patrimoine.

- Cette politique qui délaisse le fonctionnement a pour conséquence de réduire des services que la municipalité devrait déjà rendre bien mieux à la population : en matière d'entretien du patrimoine municipal (avec le rééchelonnement de petits travaux, comme c'est le cas dans les écoles actuellement), de temps d'ouverture des services municipaux, d'accueil des enfants, de politique préventive auprès des publics en difficultés et dans certains quartiers …

- Quels investissements ? Les priorités de proximité déclinées lors du Conseil municipal par les adjoints de secteur (éducation, jeunesse, handicapés) vont dans le bon sens. Les élus verts ont d'ailleurs regretté à plusieurs reprises que l'école soit le parent pauvre de la politique municipale. Par ailleurs, des investissements lourds laissent perplexes : la construction du Zenith, le financement du centre régional de formation des footballeurs alors qu'un autre est financé à Beauvais, les investissements coûteux en faveur du cheval (extension du Poney-club, centre équestre de Dury) constituent-ils des priorités pour la ville au moment où de nombreuses entreprises sont en train de quitter la ville ?

- d'autres priorités mériteraient d'être investies pour rendre cette ville plus attractive. Sans faire de catalogue, Deux axes peuvent être cités où la ville d'Amiens connaît un retard criant :

Le budget environnement de la Métropole consacre 200.000 euros à la collecte sélective et passe dans le même temps de 3 à 4 millions d'euros son budget pour la rétribution de prestataires privés. Les impôts ne paient pas la collecte sélective, ils paient les concessions accordées aux déchetteries et de coûteuses mises en décharges privées, une rentabilisation insuffisante de l'usine de méthanisation. Plus on pollue, plus on paye (les contribuables, pas les pollueurs). Et pour être complet il faut évoquer les emplois qu'il est possible de créer dans ce secteur.

- Il faut disposer de services municipaux, d'activités culturelles et sportives, de système de soins, d'une politique d'accueil des enfants qui participent aussi largement à l'attractivité d'une ville. Permettre à tous d'y accéder, c'est traduire en actes une politique de redistribution. En termes de contexte, cela participe aussi à la façon de rendre une ville attractive pour des entreprises.

- Quel développement voulons-nous pour notre ville ? Voulons-nous rester une région secondaire coincée entre Paris et Lille, qui fait la course à la subvention publique pour attirer des entreprises, en concurrence avec Beauvais, Abbeville, Bapaume, Arras, Compiègne ou St Quentin (toutes villes UDF-UMP), avec bientôt un rôle de chef de file pour la région (elle aussi affiliée à la majorité). Ou cherche-t-on enfin le chemin d'un véritable développement local pour Amiens ? donne t-on à l'économie sociale et solidaire les moyens de se développer, veut-on que le bassin d'emploi d'Amiens bénéficie d'un équipement routier adapté avec une RN25 aménagée et sure qui irriguerait tout le nord amiénois, ou voulons-nous être un point sur la circulation international des poids lourds, qui délaisseront des zones de logistique ici comme ailleurs sans créer d'emplois ? Une autoroute -contrairement aux idées diffusées hâtivement - coûte cher au contribuable par le biais des schémas d'accueil autoroutier payés par les collectivités locales. Les autoroutes favorisent au moins autant les délocalisations que les implantations, on l'a vu avec Whirlpool qui a remplacé son site de production par un site de logistique pour les mêmes lave-linge qui seront construits ailleurs et acheminés à Amiens par camion.

- Restons-nous à la traîne à Amiens là ou de nombreuses villes françaises ont trouvé le moyen de satisfaire leur populations sur les dossiers importants de la collecte sélective et des transports.

- Les Verts n'ont jamais été favorables à une baisse de la fiscalité locale - ni par principe, ni durant la campagne électorale de 2001 - car nous sommes conscients qu'il est nécessaire que la ville dispose de ressources pour garantir un haut niveau de services aux amiénois, ce qui bénéficie en premier lieu à ceux qui ont des faibles revenus.

- La politique de compression des frais de fonctionnement et les investissements en perspective ne vont pas dans le bon sens, ils ne sont pas bons à terme pour Amiens et pour ses habitants. Nous contestons cette orientation, et nous en reparlerons à l'occasion du budget.

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