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Conseil municipal du 23 juin 2005

Débat sur la mise en lumière de la tour Perret

M. PORQUIER - Bien sûr je pourrais intervenir sur le coût global de cette opération. Nous l'avons déjà fait et vous savez que nous regrettons cet investissement coûteux alors que, pendant ce temps, d'autres chantiers, d'autres priorités ne sont pas pris en charges. Le traitement sommital va finalement être mis sous les yeux des Amiénois de façon un peu démonstrative pour leur montrer qu'on dépense là leur argent alors que des problèmes qui se passent près de chez eux n'auront pas trouvé de solution. C'est vraiment regrettable. Pour revenir à l'objet même de cette délibération, je pense qu'il faut s'interroger sur l'utilité de l'éclairage des bâtiments et urbain la nuit. Cela paraît être un effet de mode : plus ça va et plus on éclaire, plus on met de lampes autour des bâtiments, on met des lampes dans le sol pour éclairer le ciel -dans les grandes villes, on ne voit plus ni le ciel ni les étoiles- et c'est une surconsommation électrique assez considérable qui, multipliée à l'ensemble de notre territoire, pose un véritable problème. Sur cela, on peut agir à notre niveau. Vous allez me reprocher de vouloir mettre la ville dans le noir, de refuser toute ambiance de fête. Mais il y a des gens qui ont des besoins en énergie électrique et auxquels on ne répond. Et ce n'est pas la fête pour des gens qui n'ont plus de quoi se chauffer. La question de la sobriété par rapport à la consommation d'énergie se pose réellement, y compris de façon ponctuelle sur des aménagements comme celui-là pour cet éclairage qui est, à mon avis, un luxe.

M. LESSARD - Mon intervention ira dans le même sens que celle que vient de faire Christophe PORQUIER. Il est vrai qu'il serait temps de nous donner le montant définitif de l'ardoise. J'ai l'impression de me retrouver dans le même contexte que lors de la restructuration de la salle du Conseil Municipal et de l'Hôtel de Ville où nous avons voté rallonges sur rallonges. C'était vertigineux. C'est également le cas dans ce dossier de la Tour Perret, évidemment ! Christophe PORQUIER avait eu un bon mot à ce sujet ; je n'y reviendrai pas, tout le monde l'a encore en mémoire. Combien d'avenants allons-nous voter encore pour rallonger l'addition ? Mettre en valeur la Tour, c'était la ravaler, éventuellement l'éclairer discrètement et de manière subtile sans géner les occupants. Apparemment, on veut tellement en mettre que, si j'ai bien compris, ils ne vont plus arriver à dormir. Un peu de sobriété et pensons que l'argent que nous dépensons là n'était quand même pas une priorité.

M. LEROY - Comme vous le disiez, étant données l'heure et la chaleur, je ne vais pas vous obliger à écouter tout ce que je pense du traitement dit sommital de la Tour Perret. Vous savez ce que je pense de cette question et des avenants en général et vous avez additionné les deux. J'apprécie que, dans les délibérations qui nous sont soumises, la formulation de l'avenant ait été profondément modifiée par rapport à que que nous avons vu en commission. Dans la version avant modification étaient additionnées les erreurs matérielles avec les erreurs de conception, de montant des marchés,… On ne peut pas en vouloir aux personnes en charge de ce dossier : elles ont été tellement poussées pour satisfaire cette lubie qu'est ce traitement sommital. Encore une fois, nous nous opposerons à l'ensemble de ces avenants concernant ce traitement sommital.

M. GOFFINON - Je ne vais pas revenir sur ce que viennent de dire mes collègues et que je partage entièrement. Ma seule crainte est que cela ne fonctionne pas. Vous avez présenté il y a quelques années l'horloge aquatique de la place Gambetta. On voit ce que c'est devenu.

Mme le Maire - Pour rassurer M. PORQUIER, je voudrais que, il y a 10 ans, quand la Tour Perret avait été éclairée, c'était avec des projecteurs de stade. Aujourd'hui, l'éclairage imaginé est, en termes de puissance, absolument sans commune mesure. En réalité, on sait faire beaucoup mieux aujourd'hui avec une puissance bien inférieure. Ainsi, avec une consommation d'énergie beaucoup moins importante que par le passé, on pourra voir beaucoup mieux cette tour et chacun y trouvera son compte : ceux qui aiment cette tour et ceux qui l'aiment moins mais qui la verront d'un autre regard, sa verticalité étant mise en lumière alors qu'elle était écrasée jusqu'à présent par l'éclairage. Y trouveront également leur compte ceux qui, comme vous et comme nous, ont à cœur de respecter l'environnement de leur ville parce que c'est l'avenir de leurs enfants qui se joue là. En ce qui concerne le coût, M. LEROY parle de lubie coûteuse. Nous sommes un peu saturés de ces leçons données alors que je vous rappelle tout simplement que nous sommes dans l'enveloppe votée au titre de l'autorisation de programme malgré les avenants. Si les copropriétaires qui habitent cette tour se trouvent protégés grâce une mise en lumière qui respecte leur intimité, leur vie privée et leur permet de vivre décemment, je crois que chacun y trouvera son compte. Evidemment, comme sur tous les projets que nous avons menés, ce sont les Amiénois qui jugeront si c'est une lubie coûteuse ou si c'est une mise valeur du patrimoine de notre ville.

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